Le docteur Jean-Paul Guittet, un ancien psychiatre du Mans, est actuellement accusé de viols et d'agressions sexuelles par une ex-patiente. Le médecin, aujourd'hui âgé de 80 ans, soutient que les relations étaient consenties. Après une longue enquête, une décision de non-lieu avait été prononcée, mais un recours est en cours, prévu à la cour d'appel d'Angers.
Ce mercredi 21 janvier 2026, la chambre d'instruction doit se prononcer sur la légitimité de cette ordonnance. Les accusations, qui remontent à la période 2001-2017, portent sur des faits où le médecin aurait abusé de sa position pendant des consultations. Bien que l'enquête ait révélé des relations sexuelles, le juge d'instruction a estimé qu'il n’existait pas de preuve claire d'abus, menant à un non-lieu en mars 2025.
La plaignante, fragilisée par des événements traumatisants, a trouvé le courage de se manifester à la suite du mouvement #MeToo. Des témoignages médiatiques, comme celui de l'actrice Asia Argento, ont éveillé en elle le besoin de dénoncer des comportements jugés inadmissibles. Elle se souvient des années durant lesquelles elle a été sous traitement, décrivant des gestes affectueux qui ont ensuite évolué en relations sexuelles, la laissant dans un état de vulnérabilité.
En janvier 2018, le médecin a été mis en examen, mais a toujours soutenu la présomption de consentement de sa patiente. Cet aspect a soulevé des questions éthiques et déontologiques, car même si des rapports d'experts indiquent que la plaignante était fragile psychologiquement, il demeure difficile de prouver son incapacité à consentir.
L’affaire Guittet n’est pas un cas isolé ; il a déjà reçu plusieurs signalements similaires depuis les années 1980, mais ceux-ci ont tous été classés sans suite à cause de délais de prescription. Comme l'a révélé LCP, ces anciennes accusations mettent en lumière des lacunes dans la réponse judiciaire aux allégations de violences sexuelles dans le milieu médical.
Le psychiatre a également été suspendu en octobre 2017 après des gestes déplacés signalés par une autre patiente. Ce cas soulève d'importantes questions sur la protection des patients en situation de vulnérabilité, sur lesquelles se penchent des experts du secteur.
Alors que le climat public évolue vers une plus grande prise de conscience des abus de pouvoir, cette affaire pourrait bientôt être jugée, amenant avec elle des implications plus larges pour la profession médicale en France.







