Une quarantaine de manifestants se sont rassemblés ce lundi 15 juin 2026 devant le tribunal de Châteauroux, témoignant d'une profonde détermination malgré une chute significative des participants lors de ce second acte. En écho à l'affaire Lyhanna, ces citoyens réclament une réponse judiciaire plus adaptée pour mieux protéger les mineurs et toutes les victimes de violences sexuelles.
Diffusée en toile de fond, la chanson "Je t'accuse" de Suzanne est devenue l’hymne des manifestations qui éclosent à travers la France. Lors de la première mobilisation, près de 200 personnes avaient répondu présentes à cet appel lancé sur les réseaux sociaux. En revanche, cette semaine, elles ne sont qu'une quarantaine. Néanmoins, les participants sont résolus à maintenir la pression.
Des voix qui s'expriment malgré tout
"C'est décevant", confie Jade, l'une des manifestantes qui a subi des violences sexuelles dans son enfance. "La semaine dernière, il y avait beaucoup de monde. Je pense que certains n'osent pas revenir, alors que chaque voix compte pour être entendue". Ce sentiment de solitude est partagé par nombre de victimes qui prennent part à ces manifestations. Jade évoque d'ailleurs les durées interminables des procédures judiciaires et la difficulté de voir sa parole valorisée dans le cadre d'une enquête. "On a toujours l'impression que notre crédibilité est remise en question", ajoute-t-elle, en attendant le jugement de son agresseur prévu à la fin du mois. "C'est une forme de délivrance, mais cela ne résoudra pas tous mes traumatismes", déclare-t-elle.
Des manques à combler pour faire entendre la cause
Justine, la sœur de Jade, ressent un profond manque de relais médiatique autour de leur lutte. "Pourquoi est-ce que cela ne mobilise pas plus de monde ? Parce que peu en parlent, hormis quelques personnalités comme Andréa Bescond et la Fondation des femmes", note-t-elle. Cette frustration est partagée par Carolane, qui n’a pas hésité à venir avec des pancartes. "Peu importe le nombre, je reviendrai chaque semaine pour faire entendre notre voix", affirme-t-elle, qu'elle soit seule ou accompagnée. Les manifestants mettent aussi en lumière les lacunes évidentes au sein de la justice, qui souffre de moyens insuffisants pour traiter efficacement les dossiers de violences sexuelles.
Les rassemblements au tribunal de Châteauroux s’inscrivent dans un mouvement plus large à travers le pays, confrontant non seulement les failles du système judiciaire, mais aussi la nécessité pour la société de s'unir autour de ces histoires souvent médiatisées et tragiques. Ces voix, bien qu’aines, se battent pour faire valoir leurs droits et demander une justice plus ferme et protectrice.







