Cent vingt victimes et près de 930.000 fichiers pédopornographiques : quatre individus suspectés d'être liés à un réseau pédocriminel en ligne sont actuellement jugés par la cour criminelle du Loiret. Parmi eux, deux font face à des accusations de viols sur des mineures.
Cette enquête a été initiée en 2022 à la suite d'une infiltration des gendarmes sur des réseaux sociaux, permettant de démanteler plusieurs groupes utilisant des messageries chiffrées pour le partage de contenus pédopornographiques et le contact avec des mineurs. Au total, six personnes ont été arrêtées entre avril et novembre 2023.
Les accusés, âgés de 37 à 64 ans, sont suspectés d'avoir créé de faux profils pour approcher leurs victimes. Ils sont poursuivis pour consultation, détention et diffusion d'images pédopornographiques. Un d'entre eux aurait même avoué être « un prédateur », selon des documents judiciaires cités par l'AFP.
21 victimes françaises identifiées
Les investigations menées par la section de recherches d'Orléans ont mis en lumière un réseau sans hiérarchie formelle, mais orchestré autour de certains administrateurs de groupes. Les gendarmes ont découvert un modus operandi bien rodé basé sur le grooming, visant à établir une relation de confiance avec des jeunes victimes pour obtenir des images ou vidéos à caractère sexuel.
Les perquisitions ont abouti à la saisie de plus de 930.000 fichiers pédopornographiques, incluant des photos et vidéos. Sur les 120 victimes identifiées, 21 sont françaises et ont toutes été entendues, a indiqué la gendarmerie du Loiret.
« J'attends de voir comment les accusés vont réagir pendant le procès face à leurs actes », a exprimé Me Elena Campario, avocate d'une victime et de ses parents. L'enfant a été victime de multiples agressions sexuelles de la part d'un homme aujourd'hui âgé de 64 ans.
Au sein des six suspects interpellés, l'un s'est suicidé en détention. Un autre, appréhendé en Belgique en état de récidive, a été condamné il y a quelques mois à dix ans de prison. Le procès des quatre autres membres se déroulera peut-être à huis clos, et le verdict est attendu pour vendredi.







