Malgré son interdiction en 1998, le bizutage continue de faire des ravages au sein des facultés de médecine. Selon un reportage de France Télévisions, des témoignages inquiétants mettent en lumière des soirées marquées par des pratiques dégradantes et potentiellement dangereuses pour les étudiants.
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Les défis et humiliations perdurent dans les milieux étudiants, tels que se forcer à consommer des aliments crus ou même des nourritures pour animaux. Un étudiant engagé dans une confrérie a décrit des rites d'initiation parfois traumatisants. "Lors de mon baptême, j'ai assisté à des scènes choquantes, comme des étudiants qui prenaient des rails de farine ou ingéraient de la nourriture pour chiens en adoptant des poses provocantes. J'ai vu une personne pleurer après avoir été enterrée, alors que certains lançaient des gorgées de bière sur elle. Dans ce type de situations où l'alcool est présent, la notion de consentement devient floue", a-t-il déclaré.
Alcool, humiliation et pratiques douteuses
Une étudiante a également partagé son expérience. "C’était crucial pour moi de faire partie de ce groupe. Nous avons affronté des humiliations, comme porter un sac-poubelle sur la tête et nous agenouiller. Chaque petite activité était l'occasion d'être moqué et craché", a-t-elle révélé. Elle fait état d'une ambiance qui incite au silence, de peur de représailles.
Un rapport sur l'Université de Tours, établi en 2025, a révélé que les traditions de bizutage demeurent très présentes dans certaines facultés de médecine. Les inspections ont fait état d'étudiants participant à des défis extrêmes, tels que consommer des boissons avec des glaçons d'urine ou des actes sexuels avec des étudiants plus âgés. Ce rapport souligne que, malgré la loi, le bizutage reste ancré dans les pratiques.
En réponse, l'université a fermé des associations et exclu plusieurs étudiants. Cependant, une enquête judiciaire sur des actes de bizutage a été classée sans suite, faute de témoignages recueillis.
Le bizutage au cœur d'une loi répressive
Mais ces incidents sont-ils isolés ? La portée du problème semble plus vaste. Sur les réseaux sociaux, des vidéos d'étudiants marseillais participant à des rituels similaires, comme manger du poisson cru ou simuler des scénarios traumatisants, ont été diffusées. Une lanceuse d'alerte a enregistré des séquences montrant des étudiants contraints à consommer de l'alcool sous menace, créant une atmosphère de terreur.
Marie-France Henry, présidente du Comité national contre le bizutage, a exprimé son indignation face à ces événements, insistant sur la victime qui n’est jamais vraiment consentante. "Il est surprenant de constater que, 25 ans après l’interdiction, de telles pratiques persistent", a-t-elle déclaré. Le Comité a informé le ministère de l'Enseignement supérieur, qui n'a pas fourni de réponse. L'université de Marseille, quant à elle, a affirmé être contre toute forme de violence et assure qu'elle prend des mesures en cas de signalement. En France, le bizutage est sanctionné par des peines de six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d’amende.







