Rima Hassan dénonce les abus policiers lors de sa garde à vue

L'eurodéputée LFI saisit le Défenseur des droits après des défaillances policières signalées.
Rima Hassan dénonce les abus policiers lors de sa garde à vue
Conférence de presse de Rima Hassan et son avocat, Vincent Brengarth, le 3 avril 2026. LP/Jean-Baptiste Quentin

L'eurodéputée LFI Rima Hassan a annoncé son intention de saisir le Défenseur des droits, accusant des policiers de « manquements » graves, survenus deux semaines après des fuites médiatiques relatives à sa garde à vue. Une allégation suggérant qu'elle possédait de la drogue avait circulé avant d'être démentie.

« Étant donné la gravité des manquements, une enquête immédiate est impérative », a exprimé Vincent Brengarth, l'avocat de Rima Hassan, lors d'un entretien avec l'AFP.

La responsable politique franco-palestinienne a été convoquée et placée en garde à vue le 2 avril, suite à un message publié sur X, qui a par la suite été supprimé. À l'issue de cette garde à vue, le parquet a décidé d'engager des poursuites pour apologie du terrorisme. Les informations dévoilées dans la presse sur une éventuelle détention de drogues ont rapidement été démenties, entraînant la clôture du dossier.

Placement en geôle sans « nécessité » et recherches « disproportionnées »

La défense de Rima Hassan évoque un placement en geôle sans « nécessité », ainsi que des recherches excessives concernant sa localisation sur une période de trois mois. Des questions sur sa pratique religieuse et ses valeurs républicaines ont également été soulevées. Elle demande à la Défenseure des droits d'examiner la découverte présumée d'une drogue de synthèse, la 3-MMC. Bien qu'elle ait précisé aux policiers qu'il ne s'agissait que de « CBD acheté légalement », ceux-ci auraient inconsidérément mentionné la 3-MMC dans leurs rapports.

Les agents auraient noté la présence de cette drogue sans effectuer de test approfondi, critiquant ainsi une procédure jugée hâtive et injustifiée par la défense.

Refus de signer le procès-verbal

Rima Hassan a fait savoir que les informations la concernant, justifiant que ce qui avait été trouvé n'était pas de la drogue, n'ont pas été incluses dans le procès-verbal, qu'elle a refusé de signer. Cette omission a contraint le parquet à se prononcer sans éléments contrastants, selon ses déclarations.

Sa défense souligne que les fuites dans la presse pourraient avoir été facilitées par l'anonymat des fonctionnaires. Des tensions auraient émaillé la garde à vue, et l'urgence de faire figurer des informations « susceptibles » dans le procès-verbal serait issue d'une insistance policière.

La présence de « quelques grammes de drogue de synthèse » dans le sac de la jeune élue de 33 ans a été rapportée dans certains médias, bien que le parquet ait, en fin de garde à vue, évoqué des substances qui pourraient être du CBD ou de la 3-MMC. Après quelques jours, le ministère public a indiqué qu'il attendait des résultats d'analyses complémentaires avant de se pencher sur l'affaire.

Le parquet a lancé des investigations

La justice est déjà en train d'évaluer une possible violation du secret de l'enquête : le parquet a démarré des investigations le 3 avril, en considérant la spécificité et la temporalité des informations révélées dans les médias durant la garde à vue.

Rima Hassan a également déposé plainte, se basant sur un article du Canard enchaîné, qui affirme que Sacha Straub-Kahn, le porte-parole du ministère de la Justice, aurait échangé avec divers journalistes pendant son audition, discutant du contenu de la garde à vue. En réponse, Sacha Straub-Kahn a dénoncé ces « allégations mensongères » et a lui-même porté plainte pour diffamation. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a quant à lui saisi l’Inspection générale de la justice sur ces fuites.

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