La liquidation de Brandt, emblème de l’électroménager français, a suscité une onde de choc chez les élus locaux, qui rêvaient encore d’une renaissance industrielle dans les usines d’Orléans et Vendôme. Mais c’est le groupe Cafom, spécialisé dans la distribution d’équipements pour la maison en outre-mer, qui a été retenu par la justice pour acquérir les marques et les stocks de Brandt, pour un montant de 18,6 millions d'euros, balayant les espoirs d’une reprise industrielle.
La majorité des 36 offres soumises visaient simplement à récupérer les produits en stock et les pièces détachées, précisait une source proche du dossier. En effet, la proposition de Cafom se distingue par son approche limitée, alors que certains élus, notamment ceux de la région Centre-Val-de-Loire, avaient imaginé un projet ambitieux de relance et de sauvegarde des quelque 700 emplois du groupe.
« Écarter la seule offre focale sur un avenir industriel ne fait qu’accentuer le déclin de Brandt et du made in France », déplore François Bonneau, président de la région. Son projet, concocté en collaboration avec l’entreprise Gladius, espérait revitaliser la production de fours et de plaques de cuisson au sein de l’usine d'Orléans.
Malgré cela, la proposition de Stéphan Français, évoquant des synergies avec Thomson Computing, n'a pas convaincu les liquidateurs, dont l’objectif reste avant tout de combler les dettes estimées à 200 millions d'euros. Selon les médias, plusieurs acteurs, tels que Fnac-Darty, nourrissaient l’espoir d’acquérir ces marques iconiques, mais aucun ne s’est rapproché de l’objectif.
Les travailleurs de Brandt, dans l'angoisse après la liquidation, voient leurs espoirs s’évaporer. Un « job-dating » a été organisé à Orléans pour les aider dans leur nouvelle recherche professionnelle, mais la plupart réalisent désormais que le chemin de retour vers leurs anciennes usines est barré.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle souligne les défis posés à la réindustrialisation de la France, comme l’a souligné le communiqué des collectivités locales. La perte de Brandt ne signifie pas seulement la fermeture d’une usine, mais également un coup porté à l’identité industrielle française.







