Alors que la guerre en Iran s'intensifie, l'économie japonaise se retrouve plus que jamais sous pression. Dépendant en grande partie du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, le Japon doit faire face à une menace croissante pour sa stabilité économique. En réponse à l'éventualité d'une crise énergétique, le 11 mars, la Première ministre Sanae Takaichi a annoncé le déblocage de réserves stratégiques de pétrole pour tenter de limiter l'impact de la hausse des prix. Source : NHK.
Lors d'une conférence de presse, Takaichi a signalé son intention d'agir rapidement, exprimant son scepticisme quant à l'efficacité d'une réponse de l'Agence internationale de l'énergie, qui a finalement annoncé un déblocage de 400 millions de barils quelques heures plus tard. "Nous allons agir vite […] pour libérer dès le 16 mars une partie de nos réserves", a-t-elle affirmé, visiblement préoccupée.
Le Japon est en effet dans une situation délicate : selon Nippon.com, 95 % de son pétrole provient du Moyen-Orient, dont 80 % passe par ce détroit clé. L'impact d'une fermeture complète pourrait être catastrophique, un responsable du ministère de l'Économie affirmant que le Japon serait "le pays le plus affecté par le blocus dans le monde" selon Asahi Shimbun.
Aggravation de l’inflation
Les médias rapportent que le Japon dispose de réserves pétrolières pouvant alimenter le pays pendant 254 jours en cas d'interruption totale des importations. Cependant, cet approvisionnement temporaire n'empêchera pas l'inflation d'accélérer en raison des prix fluctuants des carburants. Selon Bloomberg, ces hausses pourraient fortement affecter la politique économique de Takaichi ainsi que les décisions futures de la Banque du Japon. Satoru Yoshida, analyste chez Rakuten Securities, a souligné ce risque accru.
Des prévisions récentes de Takahide Kiuchi, économiste à l'Institut de recherche Nomura, indiquent que si le prix du baril atteignait 140 dollars (120 euros), le PIB japonais pourrait chuter de 0,65 %, entrainant le pays vers une potentielle récession.
Question de coûts
La dépendance énergétique du Japon vis-à-vis du Moyen-Orient a longtemps été jugée comme une vulnérabilité majeure de son économie. Malgré l'accident de Fukushima en 2011, le gouvernement a justifié le redémarrage de ses centrales nucléaires. Alors pourquoi une telle attente pour corriger cette faille structurelle ?
Selon TBS, le pétrole moyen-oriental est plus économique à raffiner et plus accessible géographiquement. Toutefois, ce choix stratégique pourrait coûter cher au Japon alors que la guerre s'intensifie.







