Jeudi dernier, un train en provenance de Chine a touché le sol nord-coréen, marquant la relance d'une ligne ferroviaire suspendue depuis six ans à cause de la pandémie de Covid-19. Ce premier train a fait le trajet depuis Dandong jusqu'à Pyongyang, le cœur de la Corée du Nord.
D'après l'agence de presse officielle Chine nouvelle, ce train était composé de cinq wagons de voyageurs et a atteint la capitale nord-coréenne dans l'après-midi. Des journalistes de Yonhap ont, eux aussi, observé le train franchissant le pont de l'Amitié, une passerelle symbolique entre les deux nations.
Un autre train est également parti de Pékin dans l'après-midi, avec des wagons spécifiquement réservés pour des passagers à destination de la Corée du Nord, témoignent des reporters de l'AFP. À la gare de Dandong, une ambiance festive régnait, de nombreux passagers prenant des photos du panneau d'affichage indiquant "Pékin - Pyongyang".
Ces trains ne sont pas encore accessibles aux touristes, mais uniquement aux personnes possédant un visa, tels que des Chinois travaillant ou étudiant en Corée du Nord, ainsi que des Nord-Coréens ayant des raisons similaires pour voyager à l'étranger.
La réouverture de cette ligne est particulièrement significative. En effet, les relations entre la Chine et la Corée du Nord, bien que parfois tendues en raison des développements nucléaires, demeurent étroites, la Chine étant un partenaire économique essentiel pour Pyongyang.
Un étudiant chinois, passionné par les chemins de fer, a exprimé son enthousiasme face à cette réouverture : "C'est formidable ! Les liaisons ferroviaires internationales en Chine sont très rares".
Depuis 2020, les trains de passagers étaient inactifs, mais les liaisons de fret et aériennes avaient déjà repris, ce qui ouvre la voie à un retour à la normalité, selon les autorités chinoises.
Chong Ja Ian, expert en sciences politiques à l'Université nationale de Singapour, souligne que "cette décision reflète une certaine normalisation dans les relations bilatérales". Il ajoute que les réticences de Pyongyang à engager des échanges internationaux ont diminué.
Avant la pandémie, la Corée du Nord était relativement accessible aux visiteurs étrangers, mais le tourisme est encore timidement en reprise. Cependant, depuis février 2024, des touristes russes peuvent à nouveau visiter le pays, notamment en raison de l'alliance militaire entre Pyongyang et Moscou.
Les trains entre Pékin et Pyongyang circuleront de nouveau, avec des opérations programmées les lundis, mercredis, jeudis et samedis, tandis que les liaisons quotidiennes entre Dandong et Pyongyang sont également établies.
Rowan Beard, cofondateur de Young Pioneer Tours, prévoit que ces mouvements de transport permettront un meilleur accueil des visiteurs lors de la réouverture totale de la Corée du Nord. Le ministère chinois des Affaires étrangères a également affirmé que des services réguliers de trains de passagers sont cruciaux pour favoriser les interactions entre les citoyens des deux pays.
Les formalités d'entrée et de sortie seront gérées dans les gares de Dandong en Chine et de Sinuiju en Corée du Nord, assurant ainsi une transition fluide entre les deux territoires.







