Le détroit d'Ormuz, le Golfe persique et le Golfe d'Oman sont désormais officiellement classés comme "zones de guerre" par l'industrie maritime, apportant ainsi des droits précieux à des milliers de marins bloqués. Néanmoins, les avenues pour leur rapatriement semblent très limitées. "Nous sommes dans une situation où même l'aviation civile n’est pas en mesure de circuler," souligne Stephen Cotton, secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du transport maritime (ITF).
Cette décision a été prise pour répondre aux "perturbations et dangers" croissants auxquels sont confrontés les équipages civils dans cette région, affirment le syndicat ITF et des armateurs internationaux.
Actuellement, environ "3 000 navires" sont dans ces eaux, selon Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI). Parmi eux, environ 200 restent au mouillage dans l'attente de traverser le détroit, entraînant le blocage de près de 20 000 marins et de 15 000 passagers de croisières dans la zone.
Cette paralysie est la conséquence d’un contrôle total exercé par les Gardiens de la Révolution iraniens sur le détroit, une voie maritime cruciale pour le transport d'hydrocarbures. La semaine dernière, le secteur maritime avait déjà mis en garde en classant la région "zone à haut risque" suite à des frappes militaires états-uniennes et israéliennes sur l'Iran. Des incidents récents ont déjà coûté la vie à deux personnes et blessé six autres marins. "Aucune attaque contre des marins innocents ne peut être justifiée," a insisté Arsenio Dominguez, incitant les compagnies maritimes à faire preuve de prudence.
Un droit difficile à exercer
Cette requalification en "zone de guerre" accorde aux marins le droit de ne pas naviguer et de réclamer un rapatriement ; cependant, la réalité fait face à des obstacles substantiels. "Ce n'est pas un simple clic pour quitter un navire," précise Stephen Cotton. De plus, pour une navigation sécurisée, un équipage minimal est requis, ce qui complique encore la situation.
Dans ce contexte, plusieurs entreprises maritimes ont cessé leurs opérations vers le Golfe, redirigeant leurs cargaisons vers des destinations plus sûres.
Risque élevé de pollution
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a chuté de 90 %, mettant en exergue les conséquences économiques et humanitaires des tensions croissantes. Tout incident entraînant une marée noire risquerait d'endommager gravement l'environnement maritime, compte tenu des difficultés à déployer une aide en cas d'attaques. L'agence de sécurité maritime britannique a rapporté qu'un pétrolier au large du Koweït a subi une forte explosion, entraînant une fuite de pétrole sans faire de victimes parmi l'équipage.
Dans un contexte incertain et de tensions exacerbées, la sécurité des marins demeure une priorité, et le dialogue sur la reprise des activités maritimes sécurisées est plus que jamais nécessaire.







