Les habitants de Hong Kong, désireux de profiter de l'essor des métaux précieux, se tournent vers les lingots d'argent, considérés comme une alternative accessible à un or devenu excessivement cher.
Dans le quartier financier de Central, des soupirs de désillusion résonnent parmi les acheteurs faisant la queue devant le courtier Lee Cheong : malgré une augmentation de son stock, le marchand de métaux précieux a vu ses lingots disparaître en un temps record.
Ken Wong, un retraité de 65 ans, est arrivé devant la boutique dès 05H00. Il a réussi à acquérir cinq lingots d'argent, une décision motivée par la recherche d'une valeur refuge alors que le prix de l'or a atteint des sommets inédits.
L'or a, en effet, franchi la barre des 5 500 dollars l'once, tandis que l'argent, qui a plus que doublé en moins de quatre mois, s'échangeait autour de 117,70 dollars l'once. Les tensions géopolitiques, telles que le renforcement militaire américain au Moyen-Orient et les déclarations de Donald Trump sur une potentielle intervention en Iran, amplifient l'intérêt pour ces métaux.
Plus loin dans la file, Meran Jawad, un résidant d'origine pakistanaise, a commencé à attendre depuis 06H00. Selon ce livreur de 38 ans, "posséder de l'argent ou de l'or est essentiel pour conserver son patrimoine", remarquant que l’instabilité politique influence le quotidien de chacun.
"Tout devient de plus en plus cher", déplore-t-il, alors que les salaires stagnent dans cette région administrative, rétrocédée par le Royaume-Uni en 1997, tandis que le coût de la vie grimpe.
Chen, un entrepreneur en joaillerie de 40 ans basé à Shenzhen, témoigne que ses ventes de bijoux en argent ont été multipliées par dix en janvier comparé à novembre. Sa société a réduit son offre en or pour répondre à une demande croissante pour l'argent, conformément aux changements des tendances de consommation.
Samuel Tse, économiste à la DBS Bank, explique que l’augmentation des tensions géopolitiques et de l'inflation a suscité un intérêt croissant pour les métaux précieux. "Les banques centrales commencent à diversifier leur portefeuille vers l'or, et tant les investisseurs particuliers qu'institutionnels oriente de plus en plus leurs actifs vers ces métaux", a-t-il déclaré à l'AFP.
Par ailleurs, d'autres clients se pressent devant les commerçants d'or pour vendre leurs bijoux précieux. Vivian Lam, une employée du secteur financier, qualifie l'or de "ressource rare" et dit ne pas avoir anticipé une telle flambée des prix.
Non loin d'elle, Michael Ko, 55 ans, suit les fluctuations des cours sur son téléphone, impatient de vendre l'or qu'il conserve dans un coffre-fort chez lui. "C'est une véritable garantie en cas de crise économique ou politique", affirme-t-il, tout en envisageant de réinvestir dans de nouveaux projets.







