Un récent baromètre mené par Eurogroup, BFM Business et La Tribune Dimanche révèle une tendance préoccupante chez les dirigeants d'entreprises françaises. En effet, 38 % d'entre eux envisagent un développement à l'international pour 2026, un chiffre alarmant qui témoigne d'un manque de confiance dans l'économie nationale.
Alors qu'un an auparavant, l'optimisme vis-à-vis de l'international semblait se renforcer, les dirigeants constatent aujourd'hui une stagnation sur le marché français. Face à la paralysie politique et à des finances publiques de plus en plus fragiles, les perspectives de croissance interne s'amenuisent. Selon le président d'Eurogroup Company, Gilles Bonnenfant, « les patrons estiment que la France s'enlise dans des débats stériles sur la fiscalité et qu'il n'y a plus place à l'attente ». Un point de vue partagé par de nombreux chefs d'entreprise, notamment ceux des ETI, qui affichent des ambitions de développement à l'étranger plus audacieuses que les grands groupes déjà bien positionnés.
Ce phénomène s'explique par une volonté de contournement des rigidités et des obstacles que pose le marché français. Un rapport de Les Échos souligne que 56 % des patrons interrogés placent désormais leur priorité sur le renforcement de leur présence à l’international, une hausse substantielle par rapport à l'année précédente. La tendance à l'internationalisation devient donc une nécessité pour s'adapter à une concurrence féroce, non seulement des entreprises locales, mais également des acteurs étrangers, notamment américains et chinois.
Dans ce climat troublé, les enjeux environnementaux et technologiques semblent passer au second plan. En effet, seulement 8 % des dirigeants estiment que la menace climatique est une priorité, un chiffre qui interpelle les experts. Alexandra Decriem, spécialiste en développement durable, s'inquiète : « Négliger ces problématiques pourrait avoir des conséquences à long terme sur la compétitivité des entreprises françaises ». Avec un tel décalage entre les attentes et la réalité, le marché français risque de vivre une année 2026 difficile.
En somme, la dynamique de croissance à l'international semble être la seule issue pour de nombreux dirigeants, qui se tournent avec détermination vers des marchés tels que l'Amérique du Nord et l'Asie. Le président de la CCI France International, Frédéric Sanchez, mentionne que les entreprises doivent maintenant « chercher la prospérité là où elle se trouve », soulignant une époque où l'adaptabilité est plus cruciale que jamais.







