Depuis quelques années, des opérateurs téléphoniques se livrent à des démarchages abusifs, ciblant particulièrement les personnes âgées. Ces dernières, ainsi que leurs proches, constatent parfois trop tard qu’elles ont souscrit à des offres de présélection, entraînant des prélèvements mensuels indésirables.
La vigilance sur les relevés bancaires
Vérifier minutieusement ses relevés de compte peut faire la différence. Des prélèvements non autorisés peuvent y apparaître, engendrant des pertes financières qui, si elles ne sont pas détectées à temps, peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros. Ce phénomène a été mis en lumière par Que Choisir, après le retour d’expérience d'une petite-fille de victime. Suite au décès de son grand-père, celle-ci a constaté avec effroi que des retraits réguliers étaient effectués par une société qu’elle ne connaissait pas.
Un véritable fléau pour certaines victimes
En examinant les comptes de son grand-père, décédé en décembre 2022, elle a découvert deux abonnements : l’un chez Orange et l’autre chez Monatel. Si le premier opérateur a clôturé son contrat, le second, malgré plusieurs tentatives de contact, a continué à prélever des sommes. Face à cette situation, elle a dû prendre la décision de bloquer les prélèvements via sa banque et s’est également tournée vers une antenne locale d’UFC-Que Choisir. "Ces prélèvements ont perduré depuis 2017, pour un montant mensuel de 10 à 40 euros, ce qui représente plusieurs milliers d'euros volés," déplore la petite-fille.
D’autres opérateurs tels que Resofix, E Télécom ou One Two Tel, souvent implantés en Gironde, sont également mis en cause. Les témoignages de clients dénoncent les difficultés rencontrées pour faire cesser ces prélèvements abusifs.
Des opérateurs sous le coup d'enquêtes
Il y a une dizaine d'années, ces pratiques avaient déjà été dénoncées, avec des enquêteurs concentrant leurs recherches sur le démarchage abusif des personnes âgées, parfois sous tutelle ou souffrant de maladies comme Alzheimer. En 2014, une enquête menée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Bordeaux a conduit à la mise en examen de 15 personnes, dont le procès est prévu dans les prochains mois.
Lorsqu'un prélèvement suspect apparaît sur votre relevé, il est essentiel d'envoyer un courrier de résiliation en recommandé avec accusé de réception à la société concernée. Si aucune réponse n'est obtenue, contactez votre banque pour bloquer ces prélèvements. Bien qu’il soit souvent difficile de récupérer l’intégralité des montants versés sans passer par la justice, il est possible, selon l'article L. 133-24 du Code monétaire et financier, de réclamer les sommes débitées au cours des 13 derniers mois.







