Face à un rendement d'assurance-vie jugé insuffisant, la solution de la pierre-papier séduit de nombreux investisseurs. Qu'est-ce que ce placement et quels en sont les enjeux ?
• Comprendre le concept de pierre-papier
La pierre-papier fait référence à des placements immobiliers qui permettent d'investir sans détenir physiquement un bien immobilier. Concrètement, cela consiste à acheter des parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), accessibles via votre banque. Ces sociétés regroupent des fonds pour les investir dans divers types de biens immobiliers, tels que des logements, des bureaux ou des commerces, et cela peut se faire par le biais d'un contrat d'assurance-vie.
• Rendements des SCPI : à quoi s'attendre ?
Le rendement net des SCPI, après déduction des frais de gestion, joue un rôle crucial. Si votre conseiller vous propose un rendement en dessous de 3,5 %, il serait préférable de chercher d'autres options, puisqu'il faut également tenir compte des frais d'assurance-vie qui peuvent atteindre 1%. Idéalement, le rendement net devrait dépasser celui d'un fonds en euros.
• Démarches d'investissement et critères d’éligibilité
La possibilité d'inclure des parts de pierre-papier dans votre assurance-vie dépend de la compagnie d'assurance. Généralement, les contrats premium offrent cette option. Le montant d'investissement commence à partir de 1 100 €, mais il est conseillé de conserver ces parts pour une durée de 7 à 10 ans. Attention, certains assureurs limitent les souscriptions à des périodes précises ou à des enveloppes budgétaires spécifiques.
Quant à la somme d'investissement initiale, il est possible de commencer avec quelques centaines d'euros. Cependant, investir la totalité de votre capital d'assurance-vie en SCPI peut être restreint par des limites de pourcentage établies par votre banque.
• Fiscalité et revendeabilité des parts
Les revenus générés par les SCPI dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie sont soumis à une fiscalité avantageuse. Les revenus ne sont pas qualifiés de revenus fonciers, ce qui permet de bénéficier de dispositions fiscales allégées. En termes de liquidité, revendre vos parts est généralement aisé, sauf en cas de défaillance exceptionnelle. Les assureurs sont rassurés par les performances des SCPI sélectionnées.
• Les frais et l'appétit pour le risque
Les frais d'entrée sont souvent de deux catégories : ceux liés à l'assurance-vie et ceux imposés par la SCPI elle-même. Même si les premiers peuvent être négociables, ils restent à considérer. Au-delà des frais, l'investissement dans la pierre-papier comporte des risques : le capital n'est pas garanti, bien qu'il soit relativement stable par rapport aux actions. Avant d'investir, il est conseillé d'évaluer attentivement le type immobilier proposé par votre assureur.
Les SCPI bien établies, surtout dans les grandes villes, sont à privilégier. Pour une stratégie optimale, un horizon d'investissement d’au moins cinq à huit ans est souvent recommandé.
En résumé, intégrer de la pierre-papier dans son assurance-vie peut diversifier une épargne peu dynamique et répondre aux attentes des investisseurs qui fuient la volatilité des marchés financiers. Un dialogue avec un conseiller est essentiel pour définir la proportion adéquate et le niveau de risque acceptable.
Merci à Florence Brau-Billod, gestionnaire de patrimoine et présidente de la société Patrimoine SA.







