Raymond Girardi, maire d’Argenton et président de la Communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, s'insurge contre l'inefficacité des parlementaires concernant la loi ZAN (zéro artificialisation nette). Dans une récente interview, il a exprimé son indignation, déclarant que la législation actuelle ne fait qu'une victime : le territoire rural.
Cette loi, adoptée dans le cadre de la loi Climat et Résilience de 2021, visait à lutter contre le réchauffement climatique et l’artificialisation des sols. Pourtant, plus de cinq ans après, Girardi pose une question cruciale : « Quel est le bilan ? » Selon lui, peu d'évaluations ont été effectuées, et là où l’on observe une réduction de l’artificialisation, cela se produit principalement à cause de la crise du secteur de la construction.
« La loi ZAN discrimine les zones rurales », déplore le maire. « Dans les zones urbaines, où la législation ne semble pas avoir d'impact, les permis de construire sont plus facilement délivrés. De fait, cela rend quasiment impossible l'obtention de permis en milieu rural, alors que les grandes métropoles continuent de croître sans entrave. »
Girardi évoque une inégalité flagrante : « La loi permet aux communes urbaines de consommer 50 % des surfaces utilisées sur la période de référence de 2011 à 2021. Les élus des grandes villes, majoritaires à l'Assemblée nationale, ne voteront jamais une loi qui pourrait les pénaliser. Autrement dit, 35 000 des 36 000 communes françaises souffrent de cette situation. » Selon le site Sud Ouest, cette réforme n’est en grande partie qu’une façade, laissant les élus du milieu rural se débattre sans véritables solutions.
En discutant de l'incapacité à délivrer des permis de construire, il précise que « la loi devient de plus en plus contraignante », rendant l’expansion de toute nouvelle habitation quasiment impossible. Les règles de zonage, selon lesquelles il est désormais exigé de réduire les espaces urbanisables à moins de 50 % puis potentiellement à zéro, soulignent un déséquilibre en faveur des zones urbaines.
Interrogé sur les répercussions de cette situation sur les communes, Girardi déclare : « Cela affecte gravement la vie publique. Les écoles et les associations locales voient leur avenir compromis car il n'y a plus de nouveaux arrivants pour les soutenir. La population vieillit et les retombées fiscales stagnent, entraînant un appauvrissement général des villages. »
« Cette loi est un coup dur pour les familles qui aspirent à se loger », souligne-t-il. En conclusion, il exprime sa frustration face à cette inertie législative : « Quel genre d'élus et de politiques peuvent justifier une telle loi ? » En effet, comme l'indique Sud Ouest, la colère des élus ruraux risque de s'intensifier si aucune action n'est prise pour remédier à cette déséquation.







