Arlette Testyler, présidente de l'Union des déportés d'Auschwitz et rescapée de la rafle du Vel d'Hiv, a rendu son dernier souffle vendredi à l'âge de 93 ans. Elle a été arrêtée avec sa famille en juillet 1942 et a dédié sa vie à éduquer les générations futures sur la mémoire de la Shoah. La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a confirmé son décès.
Née à Paris en 1930, Arlette a perdu son père à Auschwitz et a été arrêtée avec sa mère, Malka, et sa sœur, Madeleine, le 16 juillet 1942. Elles ont été d'abord détenues au Vélodrome d'Hiver, puis transférées au camp de transit de Beaune-la-Rolande (Loiret), d'où elles ont eu la chance de s'échapper. La famille Philippeau, reconnue Justes parmi les Nations, a caché les sœurs jusqu'à la Libération, leur offrant une seconde chance face à l'horreur des nazis.
« Je veux appeler l'Histoire pour repousser l'ombre froide de l'oubli et de l'ignorance », avait-elle déclaré lors d'une récente reconnaissance posthume. « La mémoire est une ligne de résistance, car la vague remonte, en particulier en Europe. »
En tant que présidente de l'Union des déportés d'Auschwitz depuis 2024, Arlette Testyler a consacré de nombreuses années à parler dans les écoles, lors de commémorations et aux différents lieux de mémoire. Ariel Goldman, président du Fonds social juif unifié, a commenté : « Avec elle, s'éteindra une voix essentielle de notre mémoire collective. Elle a été une passeuse infatigable d'histoires de courage et d'humanité. »
Arlette Testyler a passé sa vie à témoigner de l'injustice subie par sa communauté, insistant sur l'importance de transmettre cet héritage aux jeunes générations. Sa disparition est une perte inestimable pour ceux qui l'ont connue et pour tous ceux qui continuent de lutter contre l'oubli.







