Chaque semaine, Courrier international éclaircit ses choix éditoriaux. Dans le magazine en kiosque le 11 juin, notre dossier aborde la coupe du monde organisée du 11 juin au 19 juillet. Les médias étrangers soulignent les polémiques croissantes concernant l'organisation de cet événement considérée comme démesurée. Atteignant un sommet sportif, politique et géopolitique, cette compétition se trouve placée sous le feu des projecteurs avec la présence omniprésente de Donald Trump.
À partir du jeudi 11 juin, Donald Trump est sur le point de monopoliser l’attention médiatique durant les cinq semaines de cette compétition qu’il a presque entièrement appropriée. “Avec la coupe du monde, il a l’opportunité de jouer le président du monde, capturant le cœur d’un spectacle qui captive l’attention mondiale,” note The Atlantic.
Dès la cérémonie du tirage au sort en décembre, Le Temps a fustigé la situation, la qualifiant de “cérémonie choquante de cynisme où grotesque et vulgarité s’affrontaient”. Trump a ainsi accaparé l’attention des chefs d'État coorganisateurs, comme la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le Premier ministre canadien Mark Carney, pendant que Gianni Infantino, président de la FIFA, n’a cessé d’applaudir son hôte.
“Il a même créé un Prix de la paix de la FIFA pour flatter l’ego de Trump,” déplore Nancy Armour de USA Today, tout en soulignant que “cette adoration pourrait s’avérer bénéfique” pour le président fédéral. “Cette coupe du monde sera, plus que celle de 2022 au Qatar, un test de leadership pour Infantino,” note-t-elle, en rappelant que l’élargissement à 48 équipes a déjà déclenché des critiques sur les prix exorbitants des billets. Le bon déroulement de cette compétition est désormais scruté de près.
Cependant, la presse internationale émet des doutes. Bien que la coupe du monde 2026 promette d'être la plus lucrative de l’histoire et la plus vaste en nombre de participants et de matchs, elle représente également des défis majeurs en termes de climat et de pollution. Notre dossier met en lumière les multiples facettes de cette démesure.
Franklin Foer, dans The Atlantic, rappelle que “le football est l’expression la plus pure de la mondialisation.” La fascination de Trump pour ce sport ne contrarie pas sa politique, elle en représente une facette. Le football devient le terrain de jeu des oligarques russes, des monarques du Moyen-Orient et des riches magnats latino-américains.
Quant à l’organisation de l’événement, elle suscite de vives inquiétudes. Entre le prix des billets, les conditions climatiques, les restrictions de visas et les menaces de l’ICE, les médias étrangers dénoncent une situation délicate. The New York Times a interrogé des supporters argentins à Buenos Aires, dont beaucoup cherchent coûte que coûte à voir leur équipe jouer.
La compétition pourrait s'avérer éprouvante, comme l’avance El País, qui rapporte qu’un quart des matchs auront lieu dans des conditions a priori dangereuses. L’équipe du Portugal, favorite, semble particulièrement exposée à ce risque climatique.
À ces préoccupations s’ajoutent des restrictions d’entrée pour certains spectateurs africains, l’équipe iranienne contrainte de jongler entre le Mexique et les États-Unis, et un arbitre somalien refoulé malgré un visa diplomatique. Cette édition, marquée par des pluies torrentielles menaçant la cérémonie d’ouverture et des protestations croissantes au Mexique, prend une tournure incertaine.
Pourtant, comme le souligne Giles Turner de Bloomberg, “il semble que chaque coupe du monde soit précédée de prédictions de fiasco.” Cette fois encore, Turner assure que “le Mondial se déroulera aisément.” La passion universelle pour le football devrait l’emporter, comme le fait écho The Athletic. En ces temps troubles, le football est perçu comme “le dernier lien entre les sociétés.” Le mensuel Letras Libres va même jusqu’à le définir comme “une pause pour le monde.” Espérons que cela soit vrai.







