La récente instabilité au Moyen-Orient semble donner un coup de fouet au tourisme espagnol, particulièrement en Catalogne. Alors que la haute saison approche, les réservations explosent et une année record se profile à l'horizon.
A Barcelone, après un hiver particulièrement pluvieux, le beau temps est enfin revenu. Sur la plage de la Mar Bella, des touristes profitent des premiers rayons de soleil, tandis que des surfeurs s'élancent dans une eau encore fraîche. Ricardo, gérant d'un bar de plage, s'active avec son équipe : "C'est beaucoup de travail ! On doit tout préparer pour le weekend de Pâques. Je suis optimiste ! Avec la situation actuelle, on attend un afflux de touristes supérieur à la normale."
Une saison prometteuse
Tous les indicateurs sont au vert en ce début de saison. A Barcelone, les réservations pour le long week-end de Pâques ont augmenté de 20 % par rapport à l'année précédente, un soutien crucial pour une ville où le tourisme représente presque 13 % du PIB et 15 % des emplois. Selon le cabinet de conseil en hôtellerie REVforce, dirigé par Guillaume Tarradellas, la tendance est encourageante : "Pour l'instant, les chiffres sont excellents, surtout à Barcelone. Toutefois, la situation est différente d'il y a dix ans avec le Printemps arabe ; les voyageurs en Asie qui passent par le Moyen-Orient ne sont pas si nombreux. Mais l'Espagne a l'avantage d'offrir des tarifs plus compétitifs."
Effectivement, la forte inflation liée au conflit en Iran favorise l'Espagne, considérée comme une destination à prix abordables par rapport à d'autres destinations européennes.
Un refuge sûr
Les experts estiment que l'Espagne pourrait battre un record, dépassant les 100 millions de touristes pour la première fois cette année. Les Français, en tête des classements, seront encore plus présents en Catalogne : "Malgré le contexte, les gens semblent vouloir voyager", note un observateur local. "Nous sommes une destination sûre et facile d'accès. Même si les prix des billets d'avion augmentent, beaucoup de Français peuvent se rendre facilement en voiture sur la Costa Brava, d'autant plus que le coût du carburant y est inférieur."
En effet, grâce à des réductions fiscales décidées par le gouvernement de Pedro Sánchez, le litre d'essence coûte environ 50 centimes de moins en Espagne. Cependant, cet afflux touristique pourrait également raviver les tensions avec une partie de la population, souvent en désaccord avec les excès du tourisme de masse.







