Les capitaines des bateaux en détresse dans le Golfe depuis trois semaines font face à des conditions de vie de plus en plus précaires à cause du blocus au détroit d’Ormuz. Ils signalent des pénuries alimentaires et d'eau potable critique.
Un marin indien, en appel vidéo avec l'AFP, a déclaré : "Nous disposions d'eau douce pour la vaisselle, mais maintenant, il ne nous reste que quelques gouttes. Nous sommes en contact avec notre employeur, espérant des secours cette semaine". Ce marin, identifié seulement par son nom de famille Pereira, fait état de son inquiétude face à la situation.
Le capitaine d'un autre navire bloqué au large du Qatar mentionne que l'incertitude grandit quant à l’évacuation de son équipage si le port venait à fermer complètement. "Le port est vital pour nous; sans lui, nous ne savons pas combien de temps nous allons tenir", a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.
La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a reçu des alertes d'équipages manquant de nourriture et d'eau. Jacqueline Smith, coordinatrice de l'ITF, a mis en avant la nécessité pour les gouvernements de prendre des mesures pour garantir la sécurité et le bien-être des marins. "Des pays comme le Panama et le Liberia doivent agir rapidement pour aider ces hommes", a-t-elle précisé.
Parallèlement, l'Organisation maritime internationale (OMI) exige la mise en place d'un couloir maritime sûr pour l'évacuation des navires, alors qu'environ 20 000 marins sont bloqués sur 3 200 navires dans cette zone à haut risque. Au moins huit marins ont perdu la vie depuis le début du conflit, qui a éclaté le 28 février, selon les chiffres fournis par l’OMI.
Des marins, effrayés et désemparés, font état d'une véritable panique. Pereira raconte que lui et son équipage sont dans l'attente d'une possibilité d'évacuation par les autorités indiennes : "Nous voulons juste rentrer chez nous. Ce voyage a été terrifiant et je n'ai pas l'intention de retourner en mer".







