Dans une tournure inattendue des événements, un juge fédéral américain a annulé une action judiciaire portée par l'administration Trump contre Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed). Cette décision, révélée le 13 mars, est le fruit d'une enquête visant à forcer Powell à baisser les taux d'intérêt, une volonté exprimée à plusieurs reprises par l'ancien président Donald Trump.
Le juge James Boasberg a affirmé dans sa décision que "l'objectif principal (sinon le seul) de ces actions est de harceler Jerome Powell pour qu'il se plie aux désirs du président". Avec cette phrase, il remet en question l'intégrité des intentions derrière la plainte, la qualifiant de prétexte.
Selon Boasberg, "le gouvernement n'a fourni aucune preuve que Jerome Powell ait commis d'autres crimes que celui d'avoir déçu le président". Ce jugement démontre ainsi une volonté de protéger le principe d'indépendance qui gouverne la Fed face aux pressions politiques.
Le ministère de la Justice en colère
La procureure fédérale de Washington, à l'origine de l'enquête, a qualifié cette décision d'inacceptable, indiquant qu'elle ferait appel. Lors d'une conférence de presse, elle n'a pas hésité à dénoncer le juge Boasberg comme un magistrat "militant".
Des voix républicaines, comme celle du sénateur Thom Tillis, membre clé de la commission de confirmation des nominations à la Fed, ont demandé à l'administration Trump de renoncer à cette procédure, arguant qu'elle retarde la nomination de Kevin Warsh, présenté comme le successeur potentiel de Powell.
Elizabeth Warren, sénatrice démocrate, a également critiqué cette démarche qu’elle considère comme une "chasse aux sorcières". Elle exhorte ses collègues à freiner toute nouvelle nomination tant que les enquêtes contre Powell et Lisa Cook, une autre gouverneure de la Fed, resteront en cours.
Ce n'est pas la première fois que Powell se retrouve au centre de la polémique. Dans un message vidéo, il avait précédemment évoqué la pression politique, décrivant une tentative d'intimidation qui pourrait compromettre l'indépendance essentielle de la Fed pour prendre des décisions économiques sans ingérence.
Alors que cette saga judiciaire se poursuivra, l'impact sur l'avenir de la politique monétaire américaine et sur la nomination de Kevin Warsh pourrait s'avérer significatif. Les experts économiques s'interrogent sur l'issue de cette tension entre l'administration et l'institution monétaire, qui doit rester un bastion d'indépendance face aux aspirations politiques.







