Cuba a annoncé vendredi qu'elle était engagée dans des pourparlers avec les États-Unis, accompagnés de la libération de prisonniers politiques, une initiative soutenue par le Vatican, connu pour son rôle de médiateur dans les relations souvent tendues entre ces deux nations.
Le président Miguel Diaz-Canel a révélé que des responsables cubains avaient récemment eu des discussions avec leurs homologues américains, indiquant que ces pourparlers visaient à résoudre les différends bilatéraux par le dialogue, comme rapporté par le site d’information France 24. Lors d'une allocution diffusée à la télévision, il a souligné l’importance de ces échanges pour améliorer les relations.
La réticence de La Havane à confirmer l'engagement dans des discussions avec l'administration de Donald Trump a pris fin avec cette annonce publique. Les tensions diplomatiques ayant longtemps prédominé, les récentes évolutions pourraient amorcer un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays.
Parmi les participants notables aux discussions, Raul Guillermo Rodriguez Castro, petit-fils de l'ancien dirigeant Raul Castro, pourrait jouer un rôle clé en tant qu'interlocuteur privilégié pour le Département d'État américain.
Le Mexique a exprimé son soutien à ces démarches, avec la présidente Claudia Sheinbaum saluant les efforts en faveur de la paix et soulignant les injustices que subit le peuple cubain à cause de l'embargo en vigueur depuis 1962. Par ailleurs, le pays a récemment renforcé son aide humanitaire, envoyant trois nouveaux bateaux chargés d'assistance vers Cuba.
Miguel Diaz-Canel a déclaré que des « facteurs internationaux » avaient facilité ces échanges, tout en annonçant la libération de 51 prisonniers avec l'assistance du Vatican, qui agit comme un canal de dialogue régulier entre les deux nations. Cette action pourrait être vue comme un geste de bonne volonté, renforçant les perspectives d'une détente future.
Des événements poignants ont marqué ces libérations. Parmi les premiers bénéficiaires, Adael Jesus Leivas et Ronald Garcia, condamnés pour leur participation aux manifestations du 11 juillet 2021, sont rentrés chez eux pour retrouver leurs familles, marquant un moment émouvant pour leurs proches. Ivon Diaz, mère de Leivas, a exprimé sa joie : « On a fini de souffrir », traduisant l’espoir de nombreux Cubains face aux difficile conditions de vie sur l'île.
Selon l'organisation de défense des droits humains Justicia11J, jusqu'à ce jour, 760 personnes sont incarcérées pour des raisons politiques à Cuba, dont 358 liées aux manifestations de 2021. Ces chiffres mettent en lumière la gravité de la situation des droits humains sur l'île.
Miguel Diaz-Canel a souligné que ces pourparlers devaient être menés dans un esprit d'égalité et de respect des systèmes politiques de chaque pays, un appel à la compréhension qui souligne l'importance d'un processus délicat dans un contexte de confrontation.
L'Église catholique, historiquement impliquée dans le processus de libération des prisonniers politiques à Cuba, a joué un rôle déterminant, notamment durant le dégel des relations entre Washington et La Havane en 2015, sous l'administration Obama. Un récent entretien entre le pape et le ministre cubain des Affaires étrangères illustre la pertinence continue de ce médiateur.
Washington, de son côté, a institué un blocus énergétique de facto sur Cuba, en invoquant une menace à sa sécurité nationale, ce qui n'a fait qu'exacerber la profonde crise économique du pays, dont les habitants subissent des pénuries de carburant et des coupures d'électricité prolongées, comme l’a rapporté Le Monde.







