Le gouvernement cubain a récemment fait savoir qu'il procédera à la libération de 51 prisonniers dans les prochains jours, une mesure considérée comme un geste de "bonne volonté" envers le Vatican, qui a longtemps joué un rôle de médiateur entre La Havane et Washington.
Cette décision intervient alors que la pression américaine sur Cuba s'intensifie, notamment à travers un embargo pétrolier de facto, alors que Donald Trump n'hésite pas à multiplier les déclarations hostiles à l'égard de l'île.
Dans un communiqué, le ministère cubain des Affaires étrangères précise : "Dans un esprit de bonne volonté, et dans le cadre des relations étroites et fluides entre l'État cubain et le Vatican, Cuba a décidé de libérer 51 personnes condamnées à des peines de privation de liberté".
Les détails concernant l'identité des bénéficiaires ou les raisons de leur condamnation ne sont pas spécifiés, mais il est indiqué que seuls les prisonniers ayant purgé "une partie significative de leur peine" et ayant fait preuve de "bonne conduite" en détention seront concernés.
L'Église catholique, présente sur l'île depuis des décennies, a régulièrement agi en tant que médiateur pour la libération de prisonniers politiques. Elle a également été un acteur clé lors du réchauffement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba en 2015, pendant la présidence de Barack Obama.
Plus récemment, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a été reçu par le pape lors d'une visite diplomatique en Europe, témoignant des liens continus entre les deux parties. La semaine précédente, Paul Richard Gallagher, haut responsable du Vatican, a rencontré des diplomates américains, renforçant les efforts de dialogue.
Selon l'association de défense des droits humains Justicia11J, 760 personnes sont actuellement emprisonnées à Cuba pour des raisons politiques, parmi lesquelles 358 ont participé aux manifestations antigouvernementales de juillet 2021. Ce chiffre met en lumière l'ampleur des tensions internes.
Rappelons que la dernière intervention de l'Église catholique en matière de libération de prisonniers date de 2025. À cette occasion, un engagement avait été pris pour libérer 553 prisonniers, majoritairement des manifestants. Cependant, des voix critiques, notamment celles d'ONG, ont révélé que peu d'entre eux étaient des prisonniers politiques avérés.
Dans le passé, Raul Castro avait orchestré la libération de 130 prisonniers politiques avec l'aide de l'Église en 2010, marquant une étape importante dans les relations entre le régime cubain et la communauté internationale.
Cuba est unique en Amérique latine pour avoir reçu trois papes, ce qui souligne la portée de l'influence catholique dans le pays. Entre-temps, Washington intensifie ses pressions, Donald Trump évoquant une éventuelle "prise de contrôle pacifique" de l'île, tout en affirmant que des discussions sont en cours entre les États-Unis et des responsables cubains. La Havane réfute ces allégations, tout en affirmant sa volonté de dialoguer sans ingérence.
Alors que l'île de 9,6 millions d'habitants est déjà confrontée à une crise économique sévère exacerbée par l'embargo américain, ce geste pourrait-il être le début d'une nouvelle ère pour Cuba ? Les semaines à venir seront décisives pour comprendre la dynamique entre l'île et ses voisins, en particulier les États-Unis.







