Dubaï, l'écrin flamboyant attirant des millions d'expatriés, traverse une période tumultueuse depuis le début des hostilités dans la région. Les touristes, inquiets, désertent la métropole, laissant derrière eux hôtels et centres commerciaux presque vides. Quel avenir pour cet émirat autrefois prisé ?
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Chaque soir, le spectacle habituel sous la plus haute tour du monde, le Burj Khalifa, impressionnait les foules. Mais ce soir-ci, seules quelques centaines de curieux assistent à la scène lumineuse. Stéphanie Neuer, une professionnelle du tourisme, voit son activité gravement affectée : "Tous mes clients ont annulé ou reporté leurs voyages. Le tourisme ici dépend entièrement du transport aérien. Sans avions, pas de touristes. L'impact est immense, mais si la situation s'améliore rapidement, le redressement peut l'être tout autant. La question est de savoir combien de temps tout cela va durer".
Plages et hôtels déserts
À proximité, la file d'attente pour accéder au Burj Khalifa est désespérément vide. Les vacanciers évitent l'ascension, apeurés par la menace de missiles qui pèse sur la ville. Depuis le début des hostilités, plus de 1 700 drones et missiles ont été lancés d'Iran vers les Émirats, certains d'entre eux atteignant des structures célèbres. Bilan tragique : six victimes et une centaine de blessés, dont un à Dubaï. Les plages sont désertées, la grande roue, emblème de la ville, reste fermée, et les commerçants ne font plus affaire.
Une équipe de France Télévisions, se faisant passer pour des touristes, interroge un hôtelier sur les tarifs en baisse. "Normalement, c'est plus de 250 euros la nuit, mais nous proposons à seulement 89 euros", répond-il, illustrant ainsi l'impact néfaste de la situation sur l'économie locale.
Toute l'économie de la ville qui vacille
Les taux d'occupation hôtelière frôlent les 5 %. Les hôteliers, pour attirer les quelques visiteurs restants, cassent les prix. Dubaï, lorsqu'elle est en crise, voit toute son économie vaciller. Le secteur immobilier n'échappe pas à cette réalité. Guillaume Giroux, fondateur de l'agence Dubaï Immo, confirme : "Le marché est touché à court terme. On a déjà connu des cycles de crise à Dubaï en 2008, 2014 et lors de la pandémie. Les prix avaient fini par repartir. Mais si cette situation perdure six mois, cela deviendrait ingérable".
De nombreux investisseurs européens s'inquiètent de l'évolution des prix en cas de fuite des capitaux. Les experts estiment que la crise pourrait engendrer une perte économique de 50 à 100 millions de dollars par jour. Dubaï tente de préserver son image en interdisant la diffusion d'images des attaques. Vingt personnes ont déjà été inculpées pour cela. D'après Nicolas Bertrand, correspondant sur place : "Le but est de maintenir la confiance des investisseurs, qui est essentielle pour l'avenir de l'émirat, et de garder vivace l'image de ce lieu comme un havre d'affaires".







