C’était l’une des promesses du premier ministre Pedro Sánchez à Berazubi, Coalition indépendantiste EH Bildu, en 2023, en échange de leur soutien pour obtenir une majorité au Congrès.
En 2008, Mikel Garikoitz Aspiazu Rubina, connu sous le nom de « Txeroki », ancien dirigeant du groupe terroriste basque ETA, avait été condamné à 377 ans de prison pour vingt tentatives d’assassinat et d’autres actes terroristes. Pourtant, il bénéficie aujourd’hui d’un régime de semi-liberté grâce à sa participation à un programme de justice restaurative. Le 3 juillet 2025, une rencontre secrète a eu lieu, réunissant cinq victimes du terrorisme et dix-sept anciens membres d’ETA dans une maison rurale, comme l’a rapporté le quotidien espagnol El Mundo.
ETA, qui a mené des attaques notoires en Espagne de 1968 à 2010, a été responsable de 829 décès, selon le ministère de l’Intérieur. Au cours de cette réunion, les participants ont échangé pendant près de neuf heures, mélangeant discussions, promenades et repas, en présence de responsables du département de la Justice du gouvernement basque.
Le choix du lieu de la rencontre n’est pas anodin. La maison était anciennement la résidence de Pilar Zuriarrain, avocate et ancienne élue du Parti Nationaliste Basque (PNV). Célèbre pour son combat juridique, elle avait été la cible d’un acte d’intimidation en 1999, lorsque sa maison a été incendiée, action dénoncée par le PNV comme une « pratique mafieuse ».
Parmi les participants, six détenus bénéficiaient déjà d'une semi-liberté. Toutefois, l’initiative suscite de vives controverses. Si 21 prisonniers devaient initialement y participer, quatre se sont vus refuser l’accès par une équipe de psychologues en raison de lourdes peines encore à purger et de l’absence de sorties précédentes.
Le gouvernement socialiste entend favoriser la réinsertion des détenus par le dialogue et la reconnaissance des torts. Ce programme pourrait également être un préambule à des séquences de semi-liberté pour d’anciens membres d’ETA, une revendication phare de EH Bildu, formulée lors des négociations de 2023. À cette époque, la coalition a apporté son soutien à Sánchez pour respecter les engagements pris.
Ce pacte a entraîné un soulèvement populaire à travers l’Espagne, rassemblant encore 500 000 manifestants le 12 novembre 2023, selon les forces de l’ordre. Les manifestations se sont intensifiées pendant plusieurs mois, témoignant de l’impopularité de ces décisions.
Dans ce climat de controverse, le projet de justice restaurative a été mis en œuvre discrètement. Les modalités et les résultats de ce programme n’ont pas été divulgués jusqu’à présent, et, selon El Mundo, les associations de victimes n’ont même pas été informées.







