Le 12 mars, le gouvernement a rassemblé les distributeurs pour aborder la question des prix à la pompe. Bien que des baisses jusqu'à 30 centimes par litre aient été évoquées, l'augmentation récente des cours du pétrole menace ces engagements.
Les automobilistes pourront-ils vraiment bénéficier de prix réduits ? Lors d'une réunion à Bercy, aucun consensus n'a été atteint concernant un encadrement des prix. Francis Pousse, président de Mobilians, représentant près de 5.800 stations-service indépendantes, a confirmé qu'aucune décision n'avait été prise.
Des discussions concernant un potentiel « plafonnement des marges » ont été abordées, avec la suggestion de mécanismes pour équilibrer les variations de prix. « Les ministres s'engagent à modérer nos marges », a déclaré Pousse. Cependant, il avertit qu'il faut rester vigilant quant aux fluctuations des cours pétroliers.
Des plafonnements annoncés à partir de vendredi chez TotalEnergies
Malgré l'absence de mesures concrètes, le gouvernement a annoncé avoir obtenu un engagement des distributeurs pour une baisse significative des prix. Les ministres ont encouragé les acteurs du secteur à concrétiser cette baisse dans les plus brefs délais.
Des distributeurs, dont TotalEnergies, se sont montrés proactifs. L'entreprise a fixé un plafond à 1,99 euro le litre d'essence et 2,09 euros pour le gazole, mesures effectives dès le 13 mars. « Nous réévaluerons la situation début avril », ajoute TotalEnergies.
Cependant, la dépendance au marché reste un facteur de risque. Dominique Schelcher de Coopérative U souligne que les prix peuvent reculer, mais restent tributaire des cours du brut. « Nos marges de distribution sont déjà très faibles », a-t-il insisté.
Pour garantir la stabilité des prix à la pompe, il serait nécessaire que la différence entre le prix sorti du marché et celui payé par les automobilistes soit couverte, que ce soit par des aides publiques ou une réduction des taxes. Avec la flambée des prix du pétrole, cette solution risque de faire peser un poids lourd sur les finances publiques.
Des acteurs comme Francis Pousse mettent en garde contre une régulation arbitraire, qui pourrait nuire gravement aux stations-service rurales, déjà sous une pression financière énorme.
« 30 centimes de baisse par litre » annoncé chez Leclerc
Michel-Édouard Leclerc a annoncé une baisse prévue de 30 centimes par litre d’ici vendredi. « Cependant, ces prix sont susceptibles de fluctuer », a-t-il tempéré, prévenant que ses concurrents pourraient suivre ce mouvement.
Francis Pousse a réagi en doutant de la viabilité d'une telle baisse pour son groupe, évoquant la réalité des marges étroites. Frédéric Plan, conseiller pour la Fédération Française des Combustibles, a ajouté que l'ajustement des prix nécessite rapidité et compétence dans un marché fluctuant.
En toile de fond, les coûts du pétrole connaissent une nouvelle flambée, atteignant presque 100 dollars le baril après une chute provoquée par des nouvelles d'optimisme, comme celles de Donald Trump concernant la situation en Iran. La fermeture du détroit d'Ormuz contribue à cette volatilité.
Alors que le litre de SP95-E10 coùte en moyenne 1,871 euro, les appels à un plan directeur pour sortir des énergies fossiles se multiplient. Le Haut Conseil pour le Climat rappelle l’urgence d’une transition, alors que la hausse des prix de l'énergie met à mal les budgets des ménages.







