Tensions croissantes dans le détroit d'Ormuz : des milliers de marins philippins, piliers du commerce maritime international, vivent dans la peur et l'incertitude face aux récents conflits.
George Miranda était en mission pour secourir un autre navire lorsqu'il a eu son dernier échange avec sa femme et sa fille. Récemment, son bateau, le “Mussafah 2”, a été frappé par des missiles. À ce jour, il est le seul marin philippin reporté comme disparu durant ce conflit, selon le gouvernement philippin.
Plus de 6 000 marins, dont près d’un quart proviennent des Philippines, poursuivent leur travail dans cette région troublée. Beaucoup d'entre eux attendent avec impatience l'autorisation de traverser le détroit d'Ormuz, une voie stratégique d'importation pour 20 % des ressources pétrolières et gazières mondiales. Ces dernières semaines, une série d'attaques par les forces iraniennes a mis en danger cette route marquée par la violence.
L'attente et la peur à bord des navires
Pour John Winston Isidro, marin sur un pétrolier, la routine à bord consiste à surveiller et à rester vigilant. 'L’équipage a cessé toute opération sur le pont', explique-t-il. Dans ses heures libres, il navigue sur les réseaux sociaux, joue à des jeux vidéo et regarde des films. Cependant, certains membres de l'équipage demeurent en alerte pour répondre à une éventuelle situation d'urgence.
"Ceux dont les contrats se terminent bientôt sont nombreux à désirer rentrer chez eux", confie Welbin Maghanoy, dont le pétrolier est immobilisé près des Émirats arabes unis, inquiet pour leur sécurité.
La présidente du syndicat United Filipino Seafarers, Judy Domingo, indique avoir reçu de nombreux appels de marins bloqués. Les approvisionnements en nourriture sont leur principale préoccupation, mais certains expriment aussi le besoin de quitter leurs navires. Les circonstances rendent leur évacuation complexe et nécessite de trouver un port sûr pour débarquer.
Le choix risqué de traverser ou non le détroit
Les marins expriment des appréhensions. Un membre d’équipage, Choi, a partagé sur les réseaux sociaux que son capitaine a consulté l'équipage sur le désir de traverser. Après une discussion, il a été décidé que le retour en toute sécurité était prioritaire, avec presque tous le choix de ne pas naviguer dans un passage devenu si dangereux.
L'espoir d’une résolution rapide du conflit
John Winston Isidro reste confiant tout en espérant une résolution rapide du conflit. N'ayant pas été consultés pour la traversée, il constate la sagesse de leur capitaine : 'Même si je suis inquiet, nous prions pour que la situation se stabilise rapidement, permettant ainsi à tous les navires de quitter la zone sans incident.'







