Après un parcours de dix ans en terre israélienne, la vie d'une Française se heurte à une réalité troublante. Séduite par l'idée de renouveau, elle a déménagé dans un pays où les conflits sont une partie intégrante de l'existence. En pleine émigration, elle n'avait pas anticipé la violenté des guerres.
Après le Covid, instabilité en Israël
Pour cette Française, la guerre relevait d'un passé lointain, reléguée aux pages des livres d'histoire. Son premier contact avec la brutalité de la réalité a été le confinement du Covid-19, qui a profondément modifié le paysage social. Si pour beaucoup, cette période était une épreuve marquante, pour Israël, c'était le début d'un cycle d'inquiétude et de désespoir.
Depuis 2020, la notion de « normalité » semble un mirage. Après avoir quitté la France en 2015, elle n’avait pas connu les guerres qui ont laissé des cicatrices profondes sur la population israélienne. L’épidémie n’a pas fait que chambouler la vie quotidienne, elle a entamé les fondations mêmes de l’existence israélienne, rendant le retour à la normalité presque illusoire.
2023 marquant une tentative de retour à une vie dynamique, le pays se retrouve brutalement confronté à une nouvelle guerre qui a commencé le 7 octobre, causant déjà des pertes humaines tragiques, selon Le Monde.
Vivre sous l'alarme
Alors qu'un cycle de bombardements se réinstalle, la population oscille entre l’angoisse et la résilience. Les premières heures d'un bombardement rappellent la paralysie du confinement, tandis que la dichotomie des comportements se fait jour. Certains ignorent la gravité de la situation, tandis que d'autres sont immobilisés par la peur.
Elle se trouve dans cette zone intermédiaire, entre la peur paralysante et le courage. Les événements se succèdent, entre alertes et détonations, plongeant quotidiennement Israël dans un état de vigilance extrême. Pour faire face, elle choisit de s’engager dans des activités artistiques, comme le théâtre, trouvant un espace pour exprimer ses émotions complexes.
Un soir, en route pour son cours de théâtre, elle se dissocie de la réalité menaçante. Écouter ses chansons préférées devient une bulle dans l'anxiété ambiante. Lors d'une alerte, elle suit instinctivement les autres, mimant les comportements d'auto-protection, ayant finalement l’impression d'être en plein tournage d’un film d’action.
Une réalité troublée
Arrivée à son cours, l'atmosphère contraste avec la tension extérieure. Ses camarades sont engagés dans des conversations banales, évitant les récits de guerre. Son cri, lors d’une improvisation, brise cette bulle, rappelant à chacun l’urgence des émotions tues. Comme le souligne le psychologue israélien Dr. Moïse Ben-Ami, "le théâtre devient un refuge pour ceux qui cherchent à articuler leur angoisse sans la nommer explicitement".
Peut-être, réfléchir à vivre sous ce climat instable, c’est cela : parler de tout, sauf de l'indicible. Une leçon douloureuse sur l'art de la dissociation, une stratégie de survie dans un quotidien sous tension. Dans cette tempête, l'art offre une voie d'évasion, une manière de transcender l’angoisse et de construire du sens au cœur du chaos.







