Les fluctuations des prix des hydrocarbures, exacerbées par les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, apparaissent comme une aubaine pour Vladimir Poutine. Le 4 mars, Washington a permis à l’Inde de s’approvisionner en pétrole russe, une nouvelle qui a réjoui le Kremlin. De plus, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué la possibilité de lever certaines sanctions sur le pétrole russe afin de "soulager" le marché dans le contexte de ce conflit qui embrase la région du Golfe.
Ces décisions tombent à pic, alors que les cours montrent une tendance à la hausse. Les sanctions déjà en place, qui ont suivi l'invasion de l'Ukraine en février 2022, ont contraint la Russie à brader son pétrole. En janvier, ses revenus pétroliers ont atteint des niveaux alarmants, les plus bas depuis cinq ans, mettant ainsi en péril son économie et le financement de sa guerre en Ukraine.
Selon des informations relayées par le Washington Post, Moscou aurait intensifié son aide militaire à l'Iran, en fournissant des renseignements pour des opérations contre les forces américaines. Toutefois, ces révélations ont été minimisées par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Malgré ces tensions, un échange téléphonique entre les présidents américain et russe le 9 mars a été qualifié de "positif" par ce dernier, illustrant une certaine flexibilité diplomatique face aux circonstances.
Cependant, cette période favorable pour Poutine pourrait avoir un revers. En effet, les échecs militaires accumulés depuis plusieurs années, notamment la chute d'alliés comme Bachar Al-Assad ou Nicolas Maduro, montrent que l'influence russe est en déclin. La capture de Maduro par les États-Unis le 3 janvier rappelle les limites de l'intervention militaire de la Russie, déjà contestée sur le terrain ukrainien.
Le contexte est d'autant plus préoccupant pour Poutine que l'Iran et Israël, rejoints par les États-Unis en juin 2025, alternent depuis lors de violents affrontements qui mettent à mal le soutien de Moscou. Le bombardement de centres névralgiques en Iran depuis le 28 février souligne l'incapacité de la Russie à protéger un de ses alliés, malgré le soutien technologique iranien dans la guerre contre l'Ukraine.
Étrangement, cette situation rappelle les critiques formulées par Barack Obama en 2014, qui qualifiait la Russie de "puissance régionale". Aujourd'hui, cet énoncé résonne douloureusement face à la succession d'échecs sur la scène internationale. Que vaut le "soutien indéfectible" de Poutine envers le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, en ces temps de crise ?







