Le prêtre de la paroisse de Qlayaa, Pierre El Raï, a perdu la vie à la suite de bombardements israéliens le lundi 9 mars. Ses obsèques, empreintes d'émotion, se sont déroulées mercredi dans ce village situé dans le sud du Liban.
Les villageois se sont réunis pour rendre hommage à un homme qu'ils aimaient profondément. "Le père Pierre El Raï était plus qu'un simple prêtre de nos âmes ; il était un père, un frère," témoigne une chrétienne du sud du Liban, encore sous le choc de cette tragédie. Bien que la frontière israélienne se trouve à proximité, Qlayaa se sentait jusque-là relativement à l'abri des tensions qui secouent souvent la région. Lors de la cérémonie, un leader politique a été évincé par les habitants, qui ne voient pas d'un bon œil son affiliation avec le Hezbollah.
Un prêtre mort en héros
L'armée israélienne a justifié ses frappes en alléguant que des membres du Hezbollah avaient infiltré le village. Pourtant, pour les villageois, le père El Raï est un héros. "Il n’a pas hésité à porter secours après une première attaque. Il a évacué des blessés et est revenu pour en chercher d'autres, c'est alors qu'il a été atteint," rapporte un témoin de l'incident.
Avant son décès, le père Pierre El Raï avait exhorté ses fidèles à ne pas quitter le village, une demande que beaucoup prennent très au sérieux. "Nous savons que si nous abandonnons notre terre, elle sera condamnée. Nos maisons ne seront pas seulement menacées par Israël, c'est une guerre qui ronge notre existence," déclare un habitant, déterminé à rester, malgré l'incertitude et la peur qui planent sur leur communauté.







