Mercredi, José Antonio Kast, avocat ultraconservateur, a été investi président du Chili, marquant une première depuis l'ère de la dictature militaire d'Augusto Pinochet. Il a remporté les élections de décembre face à Jeannette Jara, candidate communiste, en promettant d'éradiquer la délinquance et de contrôler l'immigration illégale.
Lors de sa prestation de serment devant le Parlement à Valparaíso, Kast, 60 ans, a déclaré : "oui, je le jure", succédant ainsi à Gabriel Boric, le précédent président de gauche. Acclamé par ses partisans, il a affirmé que "les choses vont changer" lors de son interview après l'investiture.
Sa montée au pouvoir s'inscrit dans une vague conservatrice qui secoue l'Amérique latine, renforçant ainsi les liens avec les États-Unis sous l'administration Trump. Kast, père de neuf enfants et ancien député, a suscité des inquiétudes parmi certains Chiliens, notamment les anciens exilés et défenseurs des droits de l'homme qui craignent un retour en arrière.
Des personnalités politiques, dont Javier Milei d'Argentine et des représentants d'Équateur et de Bolivie, ont assisté à la cérémonie, témoignant de l'importance de cet événement à l'échelle régionale. L'analyste Rodrigo Arellano de l'Université Privée du Développement à Santiago a noté : "Kast incarne une droite conservatrice que le Chili n'a pas connue depuis des décennies."
Bien que le Chili soit considéré comme l'un des pays les plus sûrs d'Amérique latine, avec un taux d'homicides relativement bas, Kast promet des mesures drastiques contre la criminalité, insistant sur une "urgence nationale". Sa porte-parole, Mara Sedini, a déclaré que son gouvernement se concentre sur la relance économique et la sécurité migratoire.
Cependant, certains analystes sont sceptiques. Alejandro Olivares, politologue à l'Université du Chili, a mis en garde contre les défis que pourraient rencontrer Kast en raison de son équipe novice sur le plan politique.
Kast a également suscité la controverse par ses nominations ministérielles, incluant d'anciens avocats de Pinochet, malgré une majorité parlementaire de droite. Roque Meléndez, un habitant de Valparaíso, a exprimé son espoir : "Avec Kast, nous avons besoin de l'ordre et de la sécurité." En revanche, d'autres, comme l'étudiante Martina Vivar, critiquent sa campagne basées sur la peur, disant avoir ressenti de la "rage" à son égard.
En résumé, José Antonio Kast représente un virage politique audacieux pour le Chili, soulevant aussi bien espoirs que craintes face aux défis à venir.







