REPORTAGE. Le Journal du Dimanche s'est rendu à Deir el-Balah, au cœur de la bande de Gaza, sur la « ligne jaune » délimitant les zones sous contrôle du Hamas et celles administrées par Israël. Dans ce contexte tendu, les militaires de Tsahal patrouillent sans relâche, surveillant toute tentative d'infiltration terroriste.
Au lendemain d'une visite au CMCC (Centre de coordination civilo-militaire), l'armée israélienne a mis en place un dispositif « intégré » à Gaza, permettant à quelques journalistes d'accéder à ce camp de réfugiés. Ce dernier, bien que l'un des plus petits des huit camps historiques de l'enclave, illustre l'évolution de la situation : de nombreux réfugiés habitaient autrefois dans un périmètre restreint, mais beaucoup résident maintenant dans des bâtiments dispersés aux alentours.
Accompagnés par l'armée dans des camions ultra-blindés, nous avons traversé Kissufim, un point de transit pour l'aide humanitaire destinée aux Gazaouis. À l'approche de Deir el-Balah, les vestiges d'immeubles détruits dominent le paysage. Une série de blocs de béton jaunes, espacés de 150 à 200 mètres, dessine une séparation entre les enclaves contrôlées par le Hamas et celles sous contrôle israélien. Cette frontière tangible divise Gaza sur le plan physique et symbolique.
Au loin, de vastes champs de ruines s'étendent jusqu'à Gaza-ville. Les soldats israéliens, postés à des points stratégiques, assurent une surveillance constante pour prévenir toute tentative de franchissement par le Hamas, qui, selon l'armée, « tente de le faire quotidiennement ». L'armée rapporte avoir neutralisé de nombreux terroristes ayant tenté de passer la « ligne jaune », affirmant que ce type d'incidents se produit presque chaque jour.
Face aux tunnels du Hamas, une mission « interminable »
Dans cette zone stratégique, un réseau de tunnels a été découvert récemment. L'armée israélienne s'engage dans des opérations qu'elle qualifie d'« interminables » pour détecter ces passages souterrains. Parallèlement, un plan de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre dernier prévoit la démilitarisation de Gaza, une mission qui, pour l'heure, reste hors de portée tant que le Hamas n'accepte pas de désarmer. En effet, les responsables israéliens estiment que le désarmement de ce mouvement ne pourra se faire sans une intervention militaire directe.
À proximité, la vigilance des soldats est palpable. Équipés de jumelles, de jeunes acolytes scrutent les environs, alertes aux bruits des détonations intermittentes. Des équipes au sol se déploient pour repérer les tunnels, prenant soin de tirer en périphérie pour éviter les embuscades. Ce cycle perpétuel d'alerte et d'action ne semble pas près de s'interrompre.
Non loin de leur base, entre deux missions, ces jeunes soldats s'adonnent à des activités ordinaires : quelques-uns s'entraînent, d'autres discutent ou jouent aux cartes, cherchant à relâcher la tension dans une atmosphère constamment marquée par le stress et l'incertitude. Une anxiété qui, compte tenu des événements récents dans la région, ne devrait pas s'apaiser rapidement.







