Les déplacés de Beyrouth : une quête désespérée pour la sécurité

Au cœur de Beyrouth, les déplacés luttent pour survivre alors que la guerre fait rage.
Les déplacés de Beyrouth : une quête désespérée pour la sécurité
Le petit Nabil, 6 ans, enlace son grand-père Nabil, juste à côté d'Ali (4ans), dans la cour du plus grand centre de réfugiés du Liban, à Beyrouth, le 10 mars 2026. © Assiya Hamza France 24

Envoyée spéciale à Beyrouth, Liban – Depuis le 2 mars, le Liban est de nouveau plongé dans le chaos en raison des conflits avec Israël. Près de 700 000 personnes fuient les frappes aériennes dans le sud, d'après le dernier rapport de l'ONU. Chaque nuit, des milliers de familles se retrouvent dans les rues de Beyrouth, sans abri ni protection, espérant trouver refuge dans l'un des centres d'accueil saturés.

Des familles syriennes, sur la place des Martyrs, symbole de la résistance libanaise, luttent pour échapper aux atrocités de la guerre. "Cela fait neuf jours que nous sommes ici," déclare Iman, originaire de Raqqa, en Syrie. "Nous sommes à même le sol, et les Libanais ont la priorité. Nous n'avons pas pu entrer dans les écoles qui servent de centres d'hébergement. "

Après avoir fui sa maison détruite par les combats entre les islamistes et l'armée de Bachar al-Assad, Iman se retrouve une nouvelle fois à fuir, cette fois-ci face aux bombardements israéliens. Les frappes sont omniprésentes et ne cessent d'augmenter en intensité. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a même promis de ravager l'endroit de la même manière que Khan Younès, dans la bande de Gaza.

« C'est comme la mort »

"Les nuits sont terribles, nous avons peur, surtout pour nos filles. La peur nous empêche de dormir. La dernière fois, il a plu et nous avons dû nous réfugier dans un immeuble," raconte Iman, visiblement traumatisée. "C'est la mort, c'est vraiment la mort. "

Malgré leur précarité, les enfants cherchent des plaisirs d'un jour, jouant tout en exprimant leur désir de retourner chez eux, à l'école et de retrouver leurs amis. "Nous ne faisons qu'attendre un miracle, car nous n'avons rien, pas même une tente pour nous protéger des intempéries," confie Iman, désespérée.

Une lueur d'espoir

Parmi les déplacés, Ahmed, un père de famille, veille chaque nuit sur sa femme et ses onze enfants. "Cette couverture est notre unique abri," dit-il en désignant un drap usé. "Nous avons tout laissé derrière nous." Malgré sa situation désespérée, Ahmed garde espoir, affirmant que les ONG leur promettent une aide imminente.

La place des Martyrs était autrefois un lieu vivant, transformée aujourd'hui en un camp pour les familles fuyant le conflit. Hanine el-Sayyed, ministre des Affaires sociales, rapporte que 514 structures d'hébergement d'urgence ont été ouvertes, mais cela reste insuffisant face à l'ampleur de la catastrophe humanitaire. Les récents événements entre le Hezbollah et Israël ont entraîné des représailles israéliennes brutales, rendant le retour en arrière de plus en plus difficile pour ces familles.

Mona, une femme de 50 ans, confie qu'elle a perdu du poids depuis son arrivée, anéantie par la nécessité de tout abandonner. Elle rêve de paix, espérant retrouver sa maison où elle se sent en sécurité. "Quand je sors, je ne sais jamais si je vais revenir. Tout le monde ici aspire à la paix, pour ne plus vivre avec la peur," confie-t-elle, observant son mari Nabil enlacer leurs petits-fils de quatre et six ans.

Dans le quartier défavorisé de Quarantina, un ancien abattoir est devenu un grand centre d'accueil pour les déplacés, créé en 2024 par l'association Offre Joie, visant à offrir dignité et sécurité à ceux qui fuient les conflits. Cynthia Mahdi, bénévole, rapporte : "Nous avons tout rénové et créé des espaces pour que les familles puissent se sentir mieux. Après des mois d’angoisse, c’est un soulagement pour elles d'avoir un endroit où se poser. "

Au fil des jours, les enfants retrouvent le sourire, jouant et s'émerveillant des activités qui leur sont proposées. Nabil, un grand-père, raconte : "Mes petits-fils se sont sentis mieux depuis que nous sommes ici. Avant, ils avaient peur de retourner chez eux, mais maintenant, ils jouent à l'extérieur sans crainte." Ce témoignage parmi tant d'autres souligne la résilience des Libanais face à des circonstances tragiques.

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