Cinq joueuses de l'équipe nationale féminine iranienne, dont la capitaine Zahra Ghanbari, ont récemment obtenu l'asile en Australie après avoir refusé de chanter l'hymne national lors de la Coupe d'Asie. Cette décision a été accueillie avec une vague de critiques en Iran, les traitant de « traîtres » à la nation, tandis que leurs coéquipières demeurent menacées de représailles à leur retour.
Leur refus de chanter l'hymne national a été interprété comme un acte courageux de dissidence pacifique. Tony Burke, ministre de l'Intérieur australien, a annoncé leur asile, soulignant que la peur de persécution était omniprésente. « Elles ont été transférées dans un lieu sûr par la police australienne », a-t-il déclaré, évoquant les discussions secrètes qui ont conduit à leur fuite de l'hôtel.
Au sein de l'équipe, le sort des 21 autres joueuses reste préoccupant. Certaines envisagent un retour en Iran par crainte pour la sécurité de leurs proches, qui pourraient subir des représailles en raison de leur absence. « Quiconque agit contre le pays en temps de guerre doit être traité avec la plus grande sévérité », a déclaré un présentateur de la télévision d'État, précisant l'ampleur de menaces auxquelles les footballeuses font face.
Silence et visages graves
Ce geste solennel des joueuses s'est produit alors qu'elles étaient en pleine compétition. Leur silence lors de l'hymne national a marqué les esprits et a soulevé l'indignation des autorités. La plupart des médias ont relayé cet acte, le qualifiant de défi au régime actuel. Suite à cela, les footballeuses ont été contraintes de chanter l'hymne lors des matchs suivants, laissant planer un doute sur leur volonté réelle.
Reza Pahlavi, fils du dernier roi d'Iran, a tiré la sonnette d'alarme en déclarant que les jeunes sportives courent de graves dangers si elles retournent dans leur pays. Ce sentiment de menace est soutenu par des personnalités influentes et des organisations internationales telles que le syndicat des footballeurs, la Fifpro. « Les joueuses font face à des représailles qui pourraient aller jusqu'à la peine de mort, même si cela peut sembler théorique », a rapporté The Australian.
« Sauvez nos filles »
La mobilisation autour de ces athlètes a pris de l'ampleur, avec des manifestations à leur destination. Cries de soutien tels que « Sauvez nos filles » ont résonné, les supporters tentant de montrer leur aide de toutes les manières possibles. Beaucoup remarquent que les joueuses faisaient des signes de détresse en regardant à travers les fenêtres du bus.
Depuis leur apparition sur la scène internationale, les « lionnes » d'Iran sont devenues des symboles de résistance contre la répression des droits des femmes dans leur pays. Les pertes tragiques, comme celle de Zahra Azadpour, il y a quelques semaines, lors des manifestations, pèsent lourdement sur cette équipe déjà éprouvée. Les autorités intensifient leur pression, menaçant de sanctions graves à quiconque montrerait un soutien au mouvement de contestation.
Face à ces tensions croissantes, le besoin urgent de protection pour ces athlètes devient primordial. Leurs choix courageux pourraient avoir des conséquences significatives non seulement pour elles, mais également pour l'avenir des droits des femmes en Iran.







