Le 4 mars dernier, deux employés de Médecins sans frontières (MSF), un ressortissant français et un Centrafricain, ont été arrêtés dans le sud de la République centrafricaine. L'ONG a confirmé cette information le 10 mars, indiquant que les deux hommes ont été transférés à Bangui où ils se trouvent actuellement en garde à vue. Les autorités locales accusent l'employé français d'être impliqué dans des activités de déstabilisation.
La veille de cette annonce, le ministère centrafricain de la Défense avait communiqué sur l'arrestation du Français sur la base de « sérieux soupçons d’activités visant à déstabiliser la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou ».
Cette situation intervient à l’approche du voyage prévu de Jean-Noël Barrot, ministre français des affaires étrangères, à Bangui. Ce sera sa première visite officielle en Centrafrique en sept ans, ce qui pourrait résonner comme une démarche stratégique pour la France face à un contexte complexe.
« Contacts avec des éléments criminels »
Selon les déclarations de MSF, les deux employés, faisant partie d’une équipe positionnée à Zapay, s’étaient rendus à Zemio après avoir été invités par les autorités civiles locales. Cependant, le ministère centrafricain avance des soupçons concernant l'entrée illégale de l’employé français, qui aurait contourné les points de passage autorisés en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), et qui ne possédait pas de justificatif de sa présence régulière sur le territoire.
Les accusations incluent « des contacts avec des éléments criminels » ainsi qu'une « agitation subversive » au près de la population azandé pour « dresser la communauté contre les autorités légalement élues ».
De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé suivre de près la situation de son citoyen. Une source affirmera que « notre ambassade en République centrafricaine a pu s’assurer de son bien-être et maintient un dialogue étroit avec les autorités locales ».
Cette situation de tensions exacerbe les préoccupations concernant la sécurité en Centrafrique, où des incidents similaires ont déjà eu lieu. En mai 2024, un consultant belge avait également été arrêté dans la même localité, illustrant un climat d'incertitude croissant dans cette région déjà fragilisée par des conflits antérieurs.
Bien que la situation sécuritaire générale ait connu des améliorations depuis la guerre civile des années 2010, la région du Haut-Mbomou, qui partage ses frontières avec le Soudan du Sud et la RDC, continue d'être le théâtre d'affrontements entre l'armée nationale et des groupes paramilitaires, notamment les Russes de Wagner.







