Des candidats de La France insoumise (LFI) participant aux élections municipales à Marseille et Toulouse sont victimes d'une campagne d'ingérence numérique présumée orchestrée depuis l'étranger. Les forces de sécurité mènent actuellement des investigations pour faire la lumière sur cette opération de déstabilisation, qui soulève de nombreuses inquiétudes quant à l'intégrité des élections à venir.
Deux figures de proue de LFI, Sébastien Delogu et François Piquemal, se sont retrouvés au cœur de cette affaire, et des sources sécuritaires, citées par l'AFP, évoquent des indicateurs techniques clairement liés à l'international. En réponse à cette intrusion, Sébastien Delogu a notamment décidé de porter plainte pour diffamation par voie électronique, comme l'a annoncé son avocat, Yonès Taguelmint.
Des publications troubles d'un "blog de Sophie"
Cette ingérence est en partie alimentée par un blog anonyme, désigné comme "le blog de Sophie", où l'instigatrice postait sous un faux nom, prétendant avoir été lésée par Delogu. Ce blog, qui insinuait des accusations de violences, ainsi que ses déclinaisons sur les réseaux sociaux, ont récemment disparu, laissant derrière eux des interrogations sur leur véritable origine. Des recherches révèlent que ce blog est relié à un réseau de faux comptes sur X (anciennement Twitter), visant également François Piquemal à Toulouse. Son équipe a annoncé son intention de déposer plainte dans les jours à venir.
Selon Le Monde, cette campagne de désinformation serait en lien avec un réseau international utilisant des technologies d'intelligence artificielle, possiblement financé par Elnet, un lobby pro-israélien basé en Europe, en désaccord avec les positions de LFI sur le conflit israélo-palestinien. Les deux candidats concernés défendent ouvertement une position critique des actions militaires israéliennes dans la bande de Gaza.
Dans un post récent, Delogu a exprimé sa détermination face à ces attaques orchestrées, évoquant des agents étrangers et la nécessité d’en protéger le processus électoral en France. Il a déclaré : "Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et autres agences d'influence." Son collègue Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a également exprimé des préoccupations similaires, appelant à des actions contre les responsables de ces manœuvres.
Les enjeux d'ingérence numérique ne se limitent pas à ces deux candidats. Récemment, Pierre-Yves Bournazel, un candidat de centre-droit aux municipales à Paris, a également signalé une opération similaire, attribuée à un réseau russe selon des sources officielles. Les autorités prennent très au sérieux ces menaces, qui pourraient affecter l'équité et la légitimité des élections locales prévues.







