Alors qu’environ 7 000 ressortissants français se trouvent encore immobilisés au Moyen-Orient, la question du financement de leur rapatriement devient cruciale. Entre les frais additionnels et les modalités compliquées, nombreux sont ceux qui doivent débourser des sommes importantes.
Suite au conflit croissant en Iran et dans la région, de nombreux voyageurs sont restés piégés dans le Golfe Persique. La Dépêche du Midi a recueilli le récit de Frédéric, dont les deux fils, partis en vacances à Dubaï, éprouvent des difficultés à revenir en France via les routes habituelles.
Les rapatriements organisés par l’État deviennent de moins en moins fréquents, entraînant des détours jusqu’en dehors de la zone d’origine. Certains de ceux qui se trouvent à Dubaï ont dû emprunter un bus pour traverser vers Oman afin de prendre un vol de retour. Selon les estimations, la contribution financière pour un rapatriement français oscille entre 350 euros (pour les personnes vulnérables) et 680 euros, mais cela ne couvre qu'une fraction des Français bloqués dans des zones dangereuses.
La chasse au siège libre a un coût
Cette estimation ne concerne qu'une minorité des Français en difficulté dans des zones sous tension. En raison du manque de vols de rapatriement et des restrictions aériennes, le prix des billets commerciaux a grimpé, atteignant jusqu'à 2 000 ou même 3 000 euros pour les rares sièges disponibles. La nécessité de garantir un vol pour revenir oblige certains à choisir des classes de voyage plus coûteuses.
Les fils de Frédéric, dont le vol retour était prévu pour le 4 mars, ont finalement un départ programmé le 12 mars via Emirates, à destination de Madrid. Ils regagneront la France depuis l’Espagne. "J'ai passé énormément de temps à chercher les vols encore actifs. Nous avons dû acheter un autre billet, mais l’essentiel est qu’ils rentrent", a confié leur père, tout en déplorant l'absence de prise en charge pour les frais d'hébergement supplémentaires.
"La loi du marché dans un monde capitaliste"
Un porte-parole de Liligo, un comparateur de vols, a déclaré que les compagnies aériennes ne profitent pas de la situation, soulignant qu'elles ne sont pas des services publics. "C’est la loi du marché, car nous sommes dans un monde capitaliste. Ils vendent donc au meilleur prix, ce n'est pas le rôle d’Air France de subventionner les Français à Dubaï", a-t-il déclaré à 20 Minutes.
"En quelques jours de conflit, certaines compagnies savent qu’elles risquent de ne pas réaliser de bénéfices, qu’elles n’atteindront pas l’équilibre financier en 2026. En définitive, c'est une question de survie pour elles."







