Iran : qui a vraiment tiré les ficelles, Trump ou Netanyahou ?

Décryptage des manœuvres de Trump et Netanyahou autour de l'Iran.
Iran : qui a vraiment tiré les ficelles, Trump ou Netanyahou ?

Dans un contexte de tensions croissantes, la question se pose : qui, entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou, a véritablement influencé l'autre pour passer à l'action en Iran ? Cet article fait le point sur les récents échanges et décisions entre ces deux dirigeants.


Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Au cours de l'année écoulée, Benyamin Netanyahou a effectué six visites officielles aux États-Unis, un record. Quasi aucune autre figure politique n’a eu autant d’influence sur Donald Trump, au point que les deux hommes ont décidé de collaborer conjointement dans un contexte de conflit imminent, malgré les promesses contraires de l'ex-président américain. De nombreux critiques, y compris des vétérans, ont exprimé leur indignation au Sénat, déclarant : "Personne ne veut se battre pour Israël !"

C'est Benyamin Netanyahou qui a accéléré les choses ces derniers mois. Lors de sa visite à Mar-a-Lago en Floride le 29 décembre, il a publiquement loué Trump, affirmant : "Je le redis souvent, nous n'avons jamais eu un ami comme lui à la Maison Blanche." Cependant, dans le secret des discussions, il a fait part à Trump de ses intentions d'attaquer l'Iran, sollicitant un soutien logistique des États-Unis. Cela a placé Washington dans une position délicate, que Marco Rubio a reconnu récemment : "On savait qu'Israël allait agir. Nous savions que cela provoquerait une réponse d'Iran contre les forces américaines dans la région, et agir trop tard pourrait entraîner des pertes plus importantes."

"C'est plutôt moi qui ai forcé la main d'Israël"

Début janvier, les manifestations contre le régime iranien se multiplient, incitant Trump à envisager des frappes ciblées, mais toujours sans déclencher une guerre ouverte. Le 14 janvier, Netanyahou appelle Trump pour lui demander de temporiser et d'attendre que l’Israël soit en position de mener une opération coordonnée. Toutefois, Trump préfère tenter une approche diplomatique, envoyant ses émissaires négocier avec Téhéran. Le 11 février, lors d'une rencontre de près de trois heures, Netanyahou met tout en œuvre pour convaincre Trump que la voie de la diplomatie est vaine, affirmant : "Je vous avoue avoir des réserves quant à un possible accord avec l'Iran."

À la suite de cette rencontre, le plus grand porte-avions américain a été déployé au Moyen-Orient, rejoignant une flotte déjà conséquente. Le 13 février, Trump évoque pour la première fois un changement de régime, déclarant : "Ce serait la meilleure chose qui puisse arriver." Le 23 février, lors d’un dernier échange téléphonique, les contours d’une intervention décisive sont tracés, Netanyahou laissant entrevoir à Trump la possibilité de renverser le régime iranien. Accusé de céder aux pressions israéliennes, Trump a réagi en affirmant : "Vu le cours des négociations, je craignais qu'Iran ne frappe le premier, ce que je voulais absolument éviter. C'est donc plutôt moi qui ai forcé la main d'Israël."

Les experts, comme Diane Schlienger, correspondante à Washington pour France Télévisions, signalent que la posture de Netanyahou pourrait fragiliser son alliance avec Trump : "Le vrai risque pour Netanyahou, c'est que Trump l'abandonne si les conséquences politiques deviennent trop lourdes aux États-Unis."

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