Le pouvoir iranien a appelé ses partisans à se rassembler pour commémorer l'arrivée de Mojtaba Khamenei au poste de guide suprême, succédant à son père, tué par des frappes américano-israéliennes.
Simultanément, Téhéran intensifie ses attaques à l'aide de drones et de missiles sur les infrastructures pétrolières de ses voisins du Golfe, entraînant une flambée des prix du pétrole et suscitant des craintes d'une crise stagflationniste mondiale.
À Téhéran, des milliers de partisans sont descendus dans les rues pour exprimer leur soutien, malgré les bombardements israélo-américains qui frappent le pays depuis dix jours. "Dieu est grand", "Mort à l’Amérique", "Mort à Israël", ont scandé ces Iraniens vêtus de noir, affichant une forte détermination en faveur de leur nouveau leader de 56 ans, connu pour ses liens avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
Une manifestante, Somayeh Marzoughi, a déclaré à l'AFP : "Nous le soutiendrons et obéirons à tous ses ordres jusqu'à notre dernier souffle." Bien que le nouveau guide suprême n'ait pas encore fait d'apparition publique, il est déjà perçu comme une cible par Israël, qui l'a qualifié de "tyran prêt à perpétuer la brutalité du régime iranien".
Dans le même sillage, Donald Trump prévoit de s’adresser aux médias et a exprimé son scepticisme quant à la durabilité du nouveau régime iranien sans un consensus international.
L'Iran continue de riposter aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février par des attaques ciblant des infrastructures pétrolières et militaires des pays voisins. Selon l'agence iranienne Fars, les Gardiens de la Révolution ont décidé de n'utiliser que des missiles dont les ogives dépassent une tonne lors de ces offensives.
- Choc majeur ? -
L'escalade des conflits engendre une hausse inquiétante des prix du pétrole, qui pourrait devenir un fardeau pour l'économie mondiale. La Commission européenne a averti d'un potentiel "choc stagflationniste" sur le continent si le conflit s'intensifie.
À 16H30 GMT, bien que le prix du brut ait légèrement ralenti après une hausse significative, des discussions ont eu lieu parmi les ministres des Finances du G7 concernant l'utilisation des réserves stratégiques de pétrole, pouvant libérer jusqu’à 400 millions de barils, selon des analystes de SEB, rapportés par le Financial Times.
Cependant, la montée des prix a déjà amorcé un retour de l'inflation, selon John Plassard de Cité Gestion Private Bank, qui a mentionné que cela demeure une préoccupation majeure sur le marché. Des nombreux incidents récents, tels qu'un incendie à Al-Maameer à Bahreïn, témoignent d'une intensification des attaques. De plus, l'Arabie saoudite a récemment intercepté des drones ciblant le gisement pétrolier de Shaybah.
Le blocage du détroit d'Ormuz, crucial pour le transit mondial de pétrole, demeure actif et sera maintenu tant que le conflit se prolongera, a confié Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a accusé l'Iran de tenter "de prendre le monde en otage" et affirmé que les États-Unis et Israël sont déterminés à affaiblir la capacité militaire de Téhéran.
- "Petit prix", selon Trump -
Pour Donald Trump, les conséquences de la guerre ne sont qu'un "petit prix" à payer pour garantir la paix. Bien qu'il prône la chute du pouvoir iranien, Washington a affirmé vouloir détruire les capacités balistiques iraniennes et contrer toute intention nucléaire, que Téhéran conteste farouchement.
À des milliers de kilomètres, au Liban, le Hezbollah pro-iranien a prêté allégeance au nouveau leader. Cependant, le président libanais Joseph Aoun a accusé le groupe chiite de vouloir provoquer la désintégration du Liban par son engagement envers Israël.
L'armée israélienne intensifie ses frappes sur le Liban depuis que le Hezbollah a attaqué le territoire israélien, entraînant un bilan tragique avec au moins 486 morts et plus de 500 000 déplacés.
L'armée israélienne a récemment ciblé des bureaux de la société Al-Qard Al-Hassan à Beyrouth, un bastion du Hezbollah, qui a revendiqué des attaques contre le nord d'Israël.
Alors que l'Iran fait face à des frappes israélo-américaines ciblant ses infrastructures pétrolières, le président russe Vladimir Poutine a exprimé son soutien à Mojtaba Khamenei.
Des frappes israéliennes ont récemment visé des installations militaires en Iran, touchant des bases de lancement de missiles et provoquant une série d'explosions, ajoutant à un climat de tension déjà palpable. Une habitante de Téhéran a décrit la situation comme"apocalyptique", déclarant que l'air devenait irrrespirable en raison des conséquences des attaques.
L'Iran a aussi réagi en lançant une salve de missiles sur le centre d'Israël, causant au moins une victime. Un autre missile a été intercepté au-dessus de la Turquie, suscitant une réaction d'Ankara envers Téhéran.







