Le nom de Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, circulait depuis longtemps comme potentiel successeur de son père, Ali Khamenei, récemment décédé lors d'une opération militaire américano-israélienne. Ce religieux issu de Machhad, sélectionné pour diriger l'Iran, est désormais l'une des figures les plus marquantes de la République islamique.
Né le 8 septembre 1969, Mojtaba Khamenei est l'un des six enfants d'Ali Khamenei, qui a dirigé l'État pendant plus de trois décennies. Bien que son père ait nié en 2024 que ce scénario soit à l'ordre du jour, la mort de ce dernier a propulsé Mojtaba au cœur des affaires de l'État iranien. Selon Le Monde, son influence avant la succession était déjà largement débattue au sein des cercles politiques et diplomatiques.
Une figure influente en coulisses
À travers sa discrétion, la véritable ampleur de son pouvoir a suscité de nombreuses spéculations. Avec un style vestimentaire typique, incluant une barbe poivre et sel et un turban noir, il a souvent été considéré comme le véritable cerveau des opérations au sein du bureau de son père. Sa proximité avec les conservateurs, notamment à travers ses liens avec les Gardiens de la Révolution, est bien établie, remontant à son engagement durant la guerre Iran-Irak (1980-1988).
Donald Trump a exprimé des réserves quant à cette succession, indiquant qu'il ne considérerait pas Mojtaba comme un choix acceptable. En 2019, le Trésor américain a sanctionné Mojtaba, le qualifiant de représentant de l'autorité suprême, bien qu'il n'ait jamais occupé de rôle officiel en dehors de celui d'assistant à son père. Des informations issues d'analyses d'experts, comme celles relayées par Bloomberg, établissent qu'Ali Khamenei aurait même délégué certaines de ses responsabilités à son fils.
Entre ambitions régionales et controverses internes
Mojtaba Khamenei a collaboré étroitement avec les forces paramilitaires des Bassij et le commandement des opérations extérieures des Gardiens, contribuant ainsi à servir les objectifs politiques de son père. Ce réseautage fait de lui une figure controversée, notamment pour son implication dans la répression des mouvements de contestation, comme celui qui a suivi l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009.
Par ailleurs, une enquête de Bloomberg avance que son enrichissement personnel est le fruit d'un large réseau d'entreprises offshore. Bien qu'il ait étudié et enseigné à Qom, il n'a pas atteint le statut d'ayatollah, se contentant d'un titre d'hodjatoleslam.
Enfin, sa vie personnelle a également été marquée par la tragédie, la mort de son épouse, Zahra Haddad-Adel, lors des attaques ayant coûté la vie à son père, rapportée par France 24, témoignant du climat de violence qui entoure actuellement la politique iranienne.







