Dans un entretien exclusif accordé à l'AFP, Alireza Enayati, l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, a catégoriquement réfuté les allégations selon lesquelles son pays aurait ciblé l'ambassade des États-Unis dans le royaume.
"Il n'y a eu aucun lancement de drones depuis l'Iran vers l'ambassade américaine à Ryad", a-t-il précisé. Ce démenti survient après que l'Arabie saoudite a accusé Téhéran d'une série d'attaques visant à déstabiliser la région.
L'Iran a intensifié ses frappes sur des installations américaines dans le Golfe, sur fond de tensions exacerbées par les frappes américaines et israéliennes qui menacent de déboucher sur un conflit plus large.
Riyad, de son côté, n'a pas hésité à accuser Téhéran de plusieurs attaques, y compris des frappes de drones sur des infrastructures clés comme la raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que l'Iran continue de nier.
Enayati a également souligné : "Nous n'avons joué aucun rôle dans l'attaque qui a touché l'ambassade américaine", faisant référence à des incidents ayant provoqué un incendie sur site.
Le diplomate a emprunté un ton conciliant, remerciant l'Arabie saoudite pour sa décision de ne pas permettre que son territoire ou son espace aérien soit utilisé pour frapper l'Iran. "Nous apprécions cet engagement partagé dans un contexte de tensions politiques", a-t-il déclaré.
En effet, avant le commencement des hostilités, l'Arabie saoudite avait montré des signes d'ouverture à la diplomatie, cherchant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington, en promettant de protéger son espace aérien de frappes anti-iraniennes.
Les relations entre les deux puissances ont connu un tournant en 2023, lorsqu'elles ont décidé de renouer le dialogue grâce à un accord, facilité par la Chine. Cependant, cette détente est mise à mal par les événements récents.
Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été rompues en 2016 à cause des attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran, survenues après l'exécution d'un religieux chiite. Depuis le début de cette guerre provoquée par les frappes américano-israéliennes, 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont des civils, mettant en exergue l'impact tragique de ce conflit.
Enfin, Enayati a déclaré : "Ce conflit n'est pas une guerre régionale pour nous, mais une guerre imposée", reflétant ainsi l'angoisse que la situation actuelle engendre dans la région.







