Le détroit d'Ormuz, corridor maritime vital, fait face à des défis considérables avant sa réouverture, annoncée par Donald Trump pour le 19 juin. Cependant, les opérations de déminage et les vérifications nécessaires soulèvent des doutes quant à cette échéance. Le général Pellistrandi, interrogé par La Dépêche du Midi, a mis en lumière l'incertitude concernant la présence de mines dans la région, malgré l'absence de preuves tangibles. Les autorités occidentales insistent pour écarter tout risque avant le rétablissement du trafic maritime, ce qui pourrait allonger les délais de plusieurs semaines.
Des opérations de déminage sur plusieurs semaines
La France et le Royaume-Uni s'impliquent dans cette mission de sécurisation. Selon Catherine Vautrin, ministre des Armées, deux chasseurs de mines français sont déjà mobilisés. "Le défi de garantir la liberté de navigation est primordial," a-t-elle déclaré, soulignant les enjeux stratégiques du détroit d'Ormuz. Paris attend cependant la conclusion d'accords diplomatiques avec l'Iran avant d'intervenir pleinement, l'issue de ces négociations influençant la stabilité de la région.
Le général Pellistrandi a indiqué que le processus de déminage pourrait s'étendre sur une période de 30 à 50 jours, même en l'absence de mines. Des sonars et des drones sous-marins seront mis à contribution pour inspecter la zone. Une fois déclarée sécurisée, un retour à la normale ne sera pas immédiat, car les armateurs devront recevoir des garanties suffisantes avant d'assurer le transport maritime. Le cabinet Eurasia Group a estimé que le trafic initial ne dépassera pas 30 à 40 % des niveaux d'avant le conflit.
Les préoccupations des armateurs
Lors de son audition à l'Assemblée nationale, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a également exprimé des préoccupations similaires. "Nous avions 11 pétroliers bloqués, et bien que trois soient sortis, nous ne reverrons pas le reste tant que la situation n'est pas sécurisée," a-t-il expliqué. Pour lui, le retour à la normalité pourrait prendre entre six mois et un an, en fonction de la stabilité de la région.
Bien que la récupération du trafic maritime soit lente, elle pourrait apporter un certain soulagement aux marchés de l'énergie. Cette réouverture, même progressive, pourrait engendrer une diminution des coûts de transport maritime et alléger la pression sur les prix des carburants ainsi que sur de nombreux produits dépendant du commerce mondial, comme l'indiquent des analyses de BFMTV.







