Le service police-justice de RTL a parcouru les tribunaux français pour comprendre comment les procureurs s'organisent pour traiter 70.000 plaintes à réexaminer, une tâche d'une ampleur considérable. Suite aux directives du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et en réponse à l'affaire tragique de Lyhanna, ces procédures concernent des violences sexuelles sur mineurs, stockées dans différents commissariats et brigades de gendarmerie à travers le pays.
Un constat alarmant émerge des discussions avec une dizaine de procureurs : la plupart d'entre eux sont accablés par le volume de ces affaires. À Amiens, on recense environ 900 dossiers, plus de 1.000 à Toulouse, et 2.500 à Bobigny, un chiffre qui souligne l'ampleur de cette crise judiciaire.
Certains dossiers mis de côté
Pour respecter l'échéance du 14 juillet, les parquets concentrent tous leurs efforts sur cette priorité, ce qui se traduit souvent par des sessions d'examen limitées à quelques minutes par dossier. Par exemple, à Amiens, 14 magistrats s'efforceront de traiter environ 60 procédures en une demi-journée, soit moins de six minutes par cas.
Il ne s'agit cependant pas de résoudre une enquête, mais de recueillir des informations sur la situation. Chaque procureur doit remplir une grille d'analyse fournie par le ministère, recensant des éléments cruciaux tels que la dangerosité potentielle du suspect ou la présence d'examens médicaux dans le dossier, avant de noter les actions à entreprendre, qui pourraient éventuellement inclure la programmation de gardes à vue.
Pour garantir la rapidité de ce processus, les procureurs ont dû établir des priorités. À Bobigny, le procureur se focalise sur les crimes touchant les mineurs, les violences intrafamiliales, et le narcotrafic, tandis que d'autres enquêtes préliminaires sont mises en suspens ; par exemple, aucun vendeur de cigarettes à la sauvette ne sera traduit en justice avant la mi-juillet. Dans certaines régions, comme Alès, trois magistrats s'engagent à traiter 250 dossiers d'ici la fin juin, démontrant une efficacité remarquable en comparaison de leurs homologues.
Alors que la pression augmente, cette situation met en lumière les défis auxquels est confrontée la justice en France, soulignant l'importance de réformes structurelles. Les experts comme Me Éric Dupont-Moretti soulignent que cette mobilisation d'urgence doit impérativement s'accompagner de solutions durables pour éviter la stagnation des affaires, appelant à un réexamen du fonctionnement des parquets afin d'éviter que de tels contours tragiques ne se reproduisent à l'avenir.







