Une enquête approfondie concernant l'incendie tragique d'un bar à Crans-Montana, qui a causé la mort de 41 personnes et blessé 115 autres lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, vise désormais quatre responsables et anciens responsables municipaux, selon des informations relayées jeudi par l'agence Keystone-ATS.
Avec ces nouvelles mises en cause, le nombre total de personnes sous enquête atteint 13, une confirmatoin émanant du ministère public du Valais. Les auditions des nouveaux concernés, parmi lesquels se trouvent l'actuel conseiller communal chargé de la sécurité et un ancien conseiller municipal, s'échelonneront entre le 11 mai et le 3 juin, comme l'indiquent des sources proches du dossier.
Le principal mis en cause, Jacques Moretti, co-propriétaire du bar Le Constellation, devrait être réentendu le 5 juin. Sa précédente audition, prévue le 7 avril, a été reportée sur demande de ses avocats, qui avaient fourni des certificats médicaux.
Me Romain Jordan, avocat des parties civiles, a accueilli ces avancées avec satisfaction, soulignant leur importance pour les familles des victimes. "Nous avançons et, pour les familles, c'est plus que précieux," a-t-il déclaré à l'AFP.
À la suite d'une série d'auditions récentes, y compris celle de l'actuel maire, Nicolas Féraud, il a été révélé que le bar n'avait pas subi de contrôles en matière de sécurité incendie depuis 2019. Ces vérifications, qui devraient être annuelles, avaient visiblement été négligées.
Durant une audition, Féraud a nié toute responsabilité, affirmant qu'il n'avait pas été mis au courant des manquements et que les ressources adéquates avaient été allouées pour réaliser ces contrôles.
Le drame survenu lors des festivités du Nouvel An a causé un bilan tragique d'41 victimes, principalement des jeunes, dont beaucoup étaient d'origine italienne et française. Actuellement, 38 personnes restent hospitalisées ou en réhabilitation, dont une partie à l'étranger, selon les dernières données de l'Office fédéral de la protection civile.
Les enquêteurs envisagent que l'incendie a été causé par des étincelles de bougies "fontaine", qui ont enflammé une mousse isolante au plafond du bar.
De surcroît, le ministère public a annoncé le rejet d'une demande de Me Garen Ucari, représentant la famille d'une des victimes, qui avait demandé la nomination d'un ou plusieurs procureurs extraordinaires en dehors du canton pour gérer l'affaire. Bien que le bureau reconnaisse l'ampleur exceptionnelle de ce drame, il a estimé que les magistrats locaux disposaient des moyens nécessaires pour une instruction efficace.
Précédemment, la chambre pénale du tribunal cantonal avait aussi refusé une demande du même avocat visant à récuser les procureurs en charge de l'enquête, et ce, en raison de manquements allégués.







