L’Ukraine a, ce mardi, exhorté Israël à mener une enquête approfondie après l’accostage d’un navire à Haïfa, censé être lié à la « flotte fantôme » russe et transportant des céréales provenues de territoires ukrainiens occupés.
Ce développement suscite une vive inquiétude à Kiev, qui considère ce navire comme un symbole potentiel d’un commerce illégal de produits ukrainiens. L’ambassade d’Ukraine en Israël a exprimé sa « profonde préoccupation », affirmant que cette situation pourrait constituer « une violation manifeste du droit international et de la souveraineté de l’Ukraine ». Dans ce contexte, les autorités ukrainiennes demandent qu'Israël assure que son territoire ne serve pas de point de transit pour ces marchandises illégalement obtenues.
« J’ai souligné que l’exportation de ces produits agricoles volés est intégrée au cadre de l’effort de guerre russe », a déclaré Andrii Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères, après un échange avec son homologue israélien, Gideon Sa’ar. « Ce type de commerce ne doit pas être toléré », a-t-il ajouté.
Une infraction aux sanctions internationales visant la Russie ?
Selon des sources gouvernementales ukrainiennes, les services de renseignement du pays avaient suivi ce navire avant son départ de la mer Noire, amassant des preuves concernant sa cargaison. Ils avaient transmis ces informations au procureur général en mars dernier, demandant également à Israël de bloquer l’accostage du bateau.
Kiev soutient que toutes les céréales issues des régions en conflit ont été volées, malgré la volonté de Moscou de les classifier comme « nouveaux territoires ». Ainsi, toute implication d’Israël dans ce transport pourrait être perçue comme une violation des sanctions internationales contre la Russie, compliquant la dynamique diplomatique régionale.
Les autorités ukrainiennes ont par ailleurs demandé à Israël de maintenir le navire en détention jusqu'à ce que les circonstances entourant cette affaire soient entièrement éclaircies. À l’heure actuelle, aucune déclaration officielle d’Israël ne confirme l’arrivée ou la décharge de la cargaison de ce navire à Haïfa.







