Plusieurs plumes de renom ont annoncé quitter la maison Grasset, mercredi 16 avril au soir, afin de manifester leur mécontentement face au licenciement du PDG historique, Olivier Nora. La lettre collective destinée à Vincent Bolloré fait grand bruit.
Un événement extraordinaire secoue le monde de l’édition : 115 auteurs ayant signé chez Grasset ont annoncé leur décision de quitter la maison en guise de protestation contre le licenciement de son PDG, Olivier Nora, qu'ils jugent comme « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale », selon leurs déclarations. « Nous sommes 115, et nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset », énoncent-ils dans une lettre signée par des figures marquantes telles que Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy et Frédéric Beigbeder.
Cette réaction sans précédent survient alors que le départ d’Olivier Nora, qui a dirigé Grasset pendant 26 ans, a été annoncée avec surprise le mardi précèdent. Bien que les motivations exactes de ce licenciement n’aient pas été clarifiées, les auteurs affirment qu'il s'agit d'une « rupture ».
« Nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique »
Des sources proches ayant requis l'anonymat évoquent que le départ d’Olivier Nora pourrait être lié à la controverse entourant la publication imminente d’un livre de Boualem Sansal. Ce dernier, dont l’arrivée chez Grasset en mars avait suscité des discussions, aurait causé un désaccord concernant le calendrier de publication. Boualem Sansal, toutefois, a affirmé dans une interview à TV5Monde: « Nora m’a écrit pour dire que je n’étais pas responsable ».
Le contenu de la lettre commune des auteurs dénonce les actions de Vincent Bolloré, indiquant : « Une fois de plus, il montre qu’il peut décider seul, méprisant ceux qui travaillent autour des livres ». Ils soulignent leur refus d’être utilisés dans une bataille idéologique qui menace la diversité culturelle. « Nos idées ne doivent pas devenir la propriété de Bolloré », insistent-ils.
« Le rempart et le ciment »
Dans leur missive, les signataires rendent un hommage appuyé à Olivier Nora, décrit comme le « ciment » d’un éditeur qui favorisait la cohabitation d’auteurs aux opinions variées. « Grasset était notre maison, grâce à Olivier, et maintenant nous devons faire face à un nouveau virement », ajoutent-ils.
Cet incident s’inscrit dans une dynamique de transformation au sein des maisons d’édition contrôlées par Hachette. D’autres figures, comme Arnaud Nourry et Sophie de Closets, ont également quitté leurs postes suite à des divergences avec la nouvelle direction. Sous cette nouvelle gestion, des auteurs aux tendances marquées, comme Nicolas Sarkozy, ont été davantage mis en avant...
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