Depuis le début des conflits au Moyen-Orient, le coût des engrais chimiques a connu une augmentation alarmante, ayant doublé en quelques mois. Dans ce contexte, de nombreux exploitants agriculteurs, notamment dans l'Essonne, choisissent des fertilisants naturels issus de méthaniseurs pour diminuer leur dépendance aux engrais importés.
La particularité de cette situation réside dans le fait qu'environ un tiers des engrais chimiques mondiaux transite par le détroit d'Ormuz. Cette dépendance a des implications directes sur les coûts de production en France, où 60 % des engrais sont importés. Ainsi, des agriculteurs comme Victor Rabier, qui fait partie d'un groupe de sept producteurs alimentant deux méthaniseurs à Angerville, cherchent à réduire de 25 % leurs besoins en engrais importés. "Nous cultivons principalement de l'orge, du triticale et du seigle," partage-t-il.
Les avantages économiques de cette démarche se quantifient : selon des estimations, les agriculteurs pourraient économiser jusqu'à 15 000 euros par an grâce à ces pratiques durables. En parallèle, cela contribue à la transition énergétique en produisant du biogaz à partir de résidus agricoles.
Ce phénomène de retour aux méthodes naturelles est également soutenu par des experts qui soulignent l'importance d'une agriculture responsable pour l'avenir. Jean-Pierre Duc, agronome à l'INRAE, explique : "Les agriculteurs ont une occasion en or de revisiter leur pratiques, tout en étant réactifs face aux crises mondiales."
Avec de telles initiatives, l'espoir se fait sentir pour une agriculture française plus résiliente et moins dépendante des fluctuations du marché international. À l'échelle mondiale, des discussions sont en cours sur la situation des engrais, notamment lors de la prochaine réunion à Bruxelles prévue pour aborder le sujet de cette crise.







