Confrontée à une montée en puissance de ses propres exigences, l'Arabie saoudite subit des revers sur plusieurs de ses projets phares. En dépit d'un contexte similaire à celui du Qatar lors de sa réussie Coupe du monde de football en 2022, le royaume semble loin d'égaler cette performance. Le modèle qatari, basé sur une collaboration effective avec des entreprises internationales, pourrait pourtant offrir des précieuses leçons à Riyad sur comment éviter de s'enliser davantage.
Un climat de tensions souffle sur les dunes saoudiennes. En proie aux effets collatéraux de la guerre entre Israël et les États-Unis en Iran, le pays accumule les déconvenues. Comme l'indiquait Le Parisien récemment, Riyad a dû renoncer à l'organisation des Jeux asiatiques d’hiver de 2029, initialement prévue, au profit du Kazakhstan en raison d'une mauvaise préparation. De plus, l’exécution du projet ambitieux The Line, une ville verticale de 170 kilomètres au beau milieu du désert, pourrait également être abandonnée, avec des infrastructures déjà construites réduites à des simples centres de données, comme l’a rapporté Parametric Architecture.
Une « Vision 2030 » qui peine à se concrétiser
La Vision 2030, ce plan colossal de modernisation initié par le prince Mohammed ben Salmane (MBS), semble désormais relever du mirage. Pourquoi le royaume n’arrive-t-il pas à décrocher des succès similaires à ceux du Qatar ? C’est peut-être dû à un esprit de compétition exacerbé chez MBS, qui voit dans les réalisations du Qatar un défi à relever. En réaction, l’Arabie saoudite s’est lancée dans une série de projets grandioses pour tourner la page du prestige et se démarquer de son voisin.
Cette dynamique de surenchère a ses conséquences, comme l’indiquent plusieurs sources. En cherchant à aller plus vite, les autorités saoudiennes ont pris des mesures controversées, dont l’expulsion forcée des populations sur le tracé de The Line, une décision critiquée par des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch.
Les clés du succès qatari : l’importance des partenariats
Alors que le paysage de la Vision 2030 semble assombri, une question se pose : qu’a fait le Qatar pour surmonter des défis similaires ? Le pays, déjà mis sous pression par des critiques internationales, a choisi d'entendre ces critiques et d’en faire des catalyseurs d’amélioration. Le Qatar a travaillé main dans la main avec des entreprises mondiales, comme QDVC, filiale de Vinci, assurant des standards de qualité et des pratiques éthiques sur leurs chantiers.
Cette approche prudente et réfléchie a permis à Doha de stabiliser son image tout en respectant les délais. En revanche, la stratégie ambitieuse mais chaotique de Riyad, mentionnée par de nombreux observateurs, pourrait, si elle persiste, rompre la crédibilité du royaume en tant qu'acteur mondial.
Avec le spectre de la guerre en Iran planant sur la région, l'avenir des partenariats internationaux demeure incertain. Les leçons du succès qatari pourraient, à terme, servir de guide à l'Arabie saoudite, mais il reste à voir si des changements significatifs interviendront dans sa stratégie.







