Tunisie : la déclaration d'un député sur le viol suscite l'indignation

Des propos d'un député tunisen déclenchent une vague de colère et de critiques à l'échelle nationale.
Tunisie : la déclaration d'un député sur le viol suscite l'indignation
Le président tunisien Kais Saied s’exprime lors de sa cérémonie d’investiture pour son second mandat au parlement à Tunis, Tunisie, le 21 octobre 2024. Zoubeir Souissi / REUTERS

Lundi, lors d'une séance de questions-réponses au ministre de l'Intérieur, Tarak Mahdi, élu de Sfax, a fait des déclarations controversées concernant les migrantes originaires d'Afrique subsaharienne. Ses commentaires sur le viol ont provoqué une onde de choc dans le pays.

En effet, la question de l'immigration subsaharienne est un sujet sensible en Tunisie. Le président Kais Saied avait déjà évoqué, début 2023, l'arrivée de « hordes de migrants clandestins », qualifiant cela de complot pour altérer la composition démographique de la nation. Au cours de la séance, M. Mahdi a averti que cette immigration représentait une « menace pour la paix sociale », affirmant que « ces gens-là, il faut qu'ils partent coûte que coûte ».

Ses remarques incluaient également des insinuations sur des actes de violence, notamment des viols. Il a déclaré que « qu'une Africaine soit violée, cela n'arrive pas, il y a suffisamment de beauté en Tunisie », provoquant des rires parmi ses collègues. Ces propos ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague de condamnations.

La Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) a condamné ces déclarations comme étant « graves et choquantes », soulignant qu'elles représentent une mentalité rétrograde qui banalise la violence. Selon eux, il ne s'agit pas d'un simple « dérapage verbal », mais d'une réflexion d'appropriation de l'agression sous couvert de rassembler ses pairs.

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a également critiqué ces paroles, soulignant qu'elles constituent une atteinte à la dignité humaine et une justification inacceptable du viol.

Face à l’énorme réaction de la société civile, Tarak Mahdi a tenté de se défendre en déclarant que ses paroles avaient été mal interprétées. « Je n'ai jamais voulu encourager ou justifier le viol ou porter atteinte à la dignité humaine, surtout celle des Tunisiennes », a-t-il expliqué. Il a ajouté qu'il s'excusait s'il y avait eu atteinte à la dignité de qui que ce soit.

Lire aussi

Erdogan face aux rumeurs : la Turquie menace-t-elle vraiment Israël ?
Explorez les allégations de menaces d'Erdogan envers Israël et leur véracité dans un contexte de désinformation.
11h52
Incendie de Crans-Montana : nouvelles révélations sur les responsables sous enquête
L'enquête sur l'incendie de Crans-Montana s'élargit à quatre nouveaux responsables municipaux. Tous les détails ici.
11h02
Un souffle d'espoir : cessez-le-feu entre Israël et le Liban entamé
Suivez l'évolution du cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban, incluant les déclarations de Donald Trump sur l'accord avec l'Iran et la réponse du Hezbollah.
09h35
Trump réagit aux frappes russes : l'UE prête à enfin débloquer 90 milliards pour l'Ukraine ?
Découvrez la réaction de Trump aux frappes en Ukraine et le déblocage imminent de 90 milliards par l'UE.
08h24
Robert Downey Jr. dévoile son côté obscur dans Avengers : Doomsday
La première bande-annonce d'Avengers : Doomsday révèle Robert Downey Jr. dans le rôle de Docteur Doom. Un casting captivant et des moments forts au CinemaCon.
08h04
Un jackpot inattendu : un homme décède avant de toucher 700 000 euros au loto
Un joueur décède avant de réaliser son gain de 700 000 euros à l'Eurojackpot, un cadeau pour sa famille.
06h48