À la suite de supposés actes de violences sexuelles dans un centre pour enfants à Tours, des centaines de parents ont interpellé les autorités lors d’une réunion. Entre anxiété et quête de réponses, le climat a été parfois tendu.
Plus de 300 parents se sont réunis dans une salle municipale des Halles à Tours, le 27 avril 2026, pour poser leurs questions après la révélation de faits présumés de violences sexuelles au sein de l'accueil de loisirs Mirabeau. Quatre jours après les premières annonces du parquet et de la Ville concernant l'enquête, le sentiment d'angoisse était palpable chez de nombreux parents, tandis que d'autres manifestaient leur colère, tous préoccupés par la sécurité de leurs enfants.
Évitant de tomber dans un « tribunal populaire », comme l’a rappelé le procureur adjoint Éric Raygasse, insistant sur la présomption d’innocence, de nombreux parents ont cherché à comprendre la nature des interactions de leurs enfants avec l'animateur mis en cause. Ils voulaient saisir les risques auxquels leurs enfants étaient exposés quotidiennement.
« est-ce qu’on laisse notre fille ou pas ? »
Les parents ont alors entendu des discours techniques sur les procédures d’encadrement des animateurs, les signalements et la complexité des enquêtes, mais ont plutôt mis en avant des préoccupations concrètes et pressantes.
« On a peur ! Est-ce qu’on laisse notre fille ou pas ? Est-elle en sécurité ? », a questionné une mère d’une enfant de 4 ans. « Vous nous dites que vous n’êtes pas sûrs, que c’était peut-être quelqu'un d'autre, que devons-nous faire ? », a renchéri une autre parent. Un père a même proposé d'installer des caméras de surveillance dans ces accueils.
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Un représentant de la direction de l’accueil de loisirs géré par l’association Charlotte Loisirs a pris le temps d’expliquer aux parents le fonctionnement quotidien du centre. Il a rappelé les règles strictes en matière d'encadrement : « Un animateur ne se retrouve pas seul avec un enfant [...]. Quand il faut utiliser les toilettes, la porte reste ouverte. On change un enfant au milieu du passage [...] », a-t-il décrit, tout en reconnaissant que « dans certaines situations d’urgence, il est difficile de garantir ce cadre strict ».
« comment parler aux enfants ? »
Après un week-end où plusieurs parents ont tenté de discuter avec leurs enfants, ils ont pu bénéficier de conseils de quatre professionnels de l'Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) du CHRU de Tours. « Comment devrions-nous en parler aux enfants ? » s’est interrogée une mère. Des experts en pédiatrie et en psychologie ont souligné l'importance de contextualiser les discussions autour du corps et du consentement, ainsi que d'apprendre à détecter des comportements inquiétants. Ils ont fourni des outils précieux pour aider les parents à poser des questions ouvertes et sensibles, partagés dans un « guide à destination des parents » remis lors de la réunion. Ce guide a été accueilli avec un grand soulagement, bien que de nombreuses questions demeurent sans réponse.
Une cellule d’accompagnement et de soutien
> Le maire de Tours, Emmanuel Denis, a annoncé la mise en place d’une cellule d’accompagnement et de soutien pour les familles et les professionnels au cours des jours suivants, lors de la réunion d’information.
> Une adresse mail dédiée a été créée pour toutes les demandes (signalement@ville-tours.fr)
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