Une délégation d’avocats de Blois a rejoint Paris ce lundi 13 avril 2026 pour participer à la journée Justice morte, opposée au projet de « plaider-coupable » pénal.
C’est la plus grande mobilisation depuis les grèves de 2020 sur le système de retraite. Des centaines d’avocats, ainsi que des magistrats, se sont rassemblés à Paris pour s’opposer au projet de loi proposé par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Parmi eux, une délégation de sept avocats de Blois, dirigée par Sandrine Audeval, ancienne bâtonnière et membre de la commission pénale. « Cette journée Justice morte a lieu alors que la réforme doit être examinée par le Sénat aujourd'hui. Nous avons été cantonnés place Edmond-Rostand par les forces de l'ordre. Une délégation a été reçue au Sénat, mais nous n'avons pas encore de nouvelles. »
Les avocats s'opposent principalement au projet de « plaider-coupable », qui permettrait d’éviter un procès en discutant une peine avec le ministère public, à condition que le crime soit reconnu et que la victime soit d'accord. Ce dispositif pourrait réduire la peine à deux tiers du maximum encouru et serait validé en audience publique. Le ministère de la Justice affirme que ce projet vise à servir les victimes, « sans retirer de droits à quiconque, il offre une voie efficace pour traiter les affaires criminelles ».
Des avocats qualifient cette réforme de « justice au rabais », dénonçant une absence de concertation. Ils craignent que ce texte ne dégrade les droits des victimes et de la défense, en prônant une rentabilité judiciaire au détriment de la justice.
« La loi Darmanin est un cheval de Troie »
Face à l'opposition, certains amendements ont été proposés, précisant que les viols aggravés et sur mineurs ne seraient pas concernés par le plaider-coupable. « C'est totalement insuffisant », a réagi Sandrine Audeval, soulignant la prolongation jusqu'au 28 avril de la grève déjà entamée. Les avocats n'interviennent plus lors des comparutions pour reconnaissance préalable de culpabilité et dans les cas de permanence pénale, sauf si la liberté du justiciable est menacée. Un procès prévu aujourd'hui à Romorantin pour des violences a été reporté à juin.
Mais ce n'est pas seulement le plaider-coupable qui fait réagir. Le projet impose également que les nullités soient soulevées cinq jours avant l'audience, sinon elles seront jugées irrecevables. Stéphane Rapin, avocat pénaliste de Blois, s'insurge : « La loi Darmanin constitue une menace pour les droits de défense sans justification budgétaire ou de rapidité nécessaire ». Le mécontentement parmi les avocats ne semble pas prêt de s’apaiser.
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