À L'Hermenault, en Vendée, une femme de 69 ans ne perçoit qu'une pension de retraite de 37,21 € par mois, malgré une vie de labeur dédiée à sa famille. Alors que de nombreux retraités bénéficient d'une augmentation de leurs pensions en ce mois de septembre, son sort reste malheureusement inchangé. Cette sexagénaire a partagé son histoire avec Ouest-France.
Une carrière non validée
Cette Vendéenne a consacré une grande partie de sa vie à travailler sans avoir cotisé, surtout au service de ses proches. Dans sa jeunesse, elle a aidé son père artisan dans la fabrication de matelas sans être déclarée. "Je bossais avec mon père... c'était difficile, mais ça ne m'a pas tuée", confie-t-elle. Aujourd'hui, elle décrit sa situation comme une forme de "soumission" familiale : "C'était la famille, je ne pouvais pas exige qu'il me déclare".
Une aide inestimable mais non reconnue
Plus tard, son soutien s'est également tourné vers son mari garagiste, où elle a encore travaillé sans être déclarée. Gestion des comptes, accueil, et caisse étaient perçus comme des contributions conjugales plutôt que des activités professionnelles. Seules quelques petites activités, comme le transport de télégrammes, lui ont permis d’acquérir des droits à la retraite. Bien qu'elle ait la possibilité de demander l'ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées), elle refuse par peur que l’État ne récupère des fonds sur sa succession. Elle préfère gérer ses finances avec sa pension modeste et un petit héritage.
Une réalité partagée par beaucoup
Le témoignage de cette retraitée est symptomatique de la situation de nombreuses femmes de sa génération. Selon Ouest-France, dans la région des Pays de la Loire, les femmes retraitées touchent en moyenne 22 % de moins que les hommes. Depuis 2006, des réformes ont été mises en place pour améliorer le statut des conjoints collaborateurs, rendant leur déclaration obligatoire en 2022. Toutefois, pour celles ayant travaillé avant ces changements, il est souvent trop tard. Malgré ses difficultés, cette femme trouve de la joie dans la nature et le temps passé avec ses petits-enfants, rappelant que "tout cela n'a pas de prix".







